Niépce correspondance et papiers

102 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 77 Loi (Extraits) Paris, 18 août 1792. La congrégation de l’Oratoire est supprimée. Dispositions intéressant Bernard Niépce. TITRE I er . ART. 1 er . Les corporations connues en France sous le nom de congrégations séculières ecclésiastiques, telles que celles des prêtres de l'Oratoire de Jésus, [...] les congrégations laïques, [...] les congrégations de filles, [...] et généralement toutes les congrégations reli- gieuses et congrégations séculières d'hommes et de femmes, ecclésiastiques ou laïques, [...] sous quelque dénomination qu'elles existent, [...] sont éteintes et supprimées [...] 1 . ART. 6. Tous les membres des congrégations employées actuellement dans l’ensei- gnement public en continueront l’exercice, à titre individuel, jusqu’à son organisation défi- nitive ; ceux qui discontinueront leurs services sans des raisons jugées valables par les directoires de département, sur l’avis des districts et l’observation des municipalités, n’ob- tiendront que la moitié du traitement qui leur aurait été accordé 2 . 1. Plusieurs séances de l’Assemblée nationale avaient été consacrées à la question. Le 6 avril, la congrégation de l’Oratoire de Jésus, parmi une quarantaine d’autres, avait été nommément décrétée éteinte et suppri- mée. Le 2 mai, un membre de l’Assemblée ayant donné une « nouvelle lecture » de ce décret, la Législative avait cru devoir préciser « qu’un état vraiment libre ne doit souffrir dans son sein aucune corporation, pas même celles qui, vouées à l’enseignement public, ont bien mérité de la patrie ». Le 1 er juin, il avait été ques- tion du traitement des membres des congrégations supprimées et décrété que tous ceux qui se trouvaient employés dans l’enseignement public en continueraient l’exercice, à titre individuel, jusqu’à son organisa- tion définitive. La loi du 18 août prononça donc la dissolution de l’Oratoire d’Angers, qui existait depuis bientôt deux siècles. « [...] Le 29 septembre 1792, le district d’Angers vint faire le récolement de l’inventaire dressé le 24 mai précédent : le P. Roy, supérieur, et le frère Niépce [Bernard] avaient déjà quitté la maison. Le P. Blin partit le 30 septembre. Les autres membres de la communauté dissoute continuèrent d’habiter l’Oratoire, où la municipalité d’Angers installa, dès la rentrée de 1792, un nouvel établissement d’instruction publique, avec l’ex-frère Benaben pour directeur. Ce dernier enseignait les mathématiques, Heron la phy- sique, Mevohlon la rhétorique, Morel la classe de seconde, Lemonnier la classe de 3 e , Gravelot la classe de 4 e , Delacroix la classe de 5 e . Nous ne savons pas quel poste occupait Hardouin. Quant à Fessard, il était tou- jours “dépensier”. Les Pères Plessis et Chamballu avaient quitté l’Oratoire dès le mois de mars 1791. [...] » (F.U.3 p. 532). Uzureau n’ayant malheureusement pour ainsi dire jamais cité ses sources, nous n’avons pu vérifier ses dires. « Nous ne savons pas ce que devient le P. Blin », lit-on chez Maillard (J.M. chap. X note 38). Ce dernier a bien indiqué que le R.P. Roy était alors déjà parti « précipitamment » (ib.). Même présision pour le P. Doué, le préfet du collège, alors que Uzureau n’y fait aucune allusion. Quant à Bernard, nous le savons, il avait déjà regagné Chalon le 11 juin (v. 74). Nous ignorons si le document auquel s’est référé le chanoine F. Uzureau précise effectivement qu’il avait quitté l’Oratoire où s’il s’agit d’une déduction. « Benaben est l’une des grandes figures de la Révolution à Angers. Lorsque le Club des Amis de la Constitution d’Angers est fondé en mars 1790, il en devient un membre influent » (J.M. p. 231). Mevohlon lui aussi joua un rôle important dans la vie angevine, notamment par ses articles dans les journaux et son enseignement « de plus en plus révolutionnaire » (ib.). A l’instar des étudiants en Droit d’Angers (v. 50), il eut à cœur d’étendre la Révolution, très concrètement, au domaine du langage et de l’orthographe. Un mot enfin à propos des Pères Plessis et Chamballu, qui n’étaient encore que simples clercs en 1786 (v. 20). Tous deux assermentés (v. 53n), ils acceptèrent des fonctions dans l’Eglise constitutionnelle ( J.M. chap. X note 38). 2. Rien ne permet de supposer que Bernard, une fois rentré à Chalon, ait continué à enseigner. 1792 1795 1792 1795 Du 10 août jusqu’à la fin de la Convention

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