Niépce correspondance et papiers

N IEPCE 1133 nécessité d’une distance focale spéciale, distincte de la lumineuse, pour impressionner le plus vivement sa substance, et lui faire tracer des empreintes aussi nettes que celles qu’il obtient ; de sorte qu’il s’est conformé à la spécialité de ses affections pour certains éléments de la radiation totale, sans savoir alors que ces éléments fussent distincts de ceux qui opè- rent la vision dans nos yeux, quoique cela résultât de ses expériences mêmes, comme il nous devint facile de le conclure, dès qu’il nous en eut confié plusieurs particularités physiques qu’il avait remarquées, et qui sont autant de caractères indubitables de ce genre d’action. Je suis entré dans ces détails pour montrer que les dessins de M. Daguerre, qui ont fait l’admiration de tous ceux qui les ont examinés, n’ont pas été, n’ont pas pu être le résultat fortuit d’un heureux hasard, ou de la découverte accidentelle de quelque substance très rapidement impressionnable par la radiation. Il a fallu appliquer à ce sujet de recherche une multitude d’observations et d’expériences, sur la diverse sensibilité des substances impressionnables, sur leurs affections propres pour tel ou tel élément de la radiation totale, sur les modifications apportées à leur sensibilité par les agents chimiques, ou par le simple contact des corps sur lesquels on les dépose ; puis, toutes ces propriétés étant découvertes, il a fallu les faire servir toutes ensemble à une œuvre d’art, si bien combinée et si minu- tieusement parfaite, qu’elle ne lasse point l’admiration des connaisseurs les plus exercés. Voilà ce qu’a fait M. Daguerre après quatorze années de travaux persévérants ; et nous n’avons aucune hésitation à dire que la publication de ses procédés ne pourra manquer d’enrichir la chimie et la physique moléculaire, d’une foule de résultats aussi féconds qu’in- attendus. Dans un prochain article nous raconterons la série des essais qui ont précédé l’invention de M. Daguerre, et les tentatives qui se font encore actuellement, soit en Angle- terre, soit en France, pour atteindre le même but. L’énumération que nous avons faite des conditions du problème à résoudre, servira pour apprécier les espérances que ces divers procédés peuvent faire concevoir. Nous essaierons d’indiquer en terminant, les nouvelles vues de physique générale que l’étude de ce genre d’action peut suggérer, et les connais- sances qu’elle peut nous fournir sur beaucoup de fonctions des êtres organisés, ainsi que sur la nature des radiations qui, traversant dans tous les sens l’espace, sont peut-être un élément de l’univers physique, beaucoup plus influent et plus général qu’on ne l’avait jus- qu’à présent soupçonné. BIOT. S UR LES EFFETS CHIMIQUES DES RADIATIONS , et sur l’emploi qu’en a fait M. Daguerre, pour obtenir des images persistantes dans la chambre noire. D EUXIÈME ET DERNIER ARTICLE . Nous allons aujourd’hui raconter les tentatives qui ont précédé ou accompagné l’in- vention actuelle de M. Daguerre. En leur appliquant les conditions générales exposées dans notre premier article, le lecteur appréciera aisément les chances de succès et de perfection qu’elles pouvaient offrir. Cette histoire a aussi, en quelque sorte, ses temps héroïques ; car on vient de nous annoncer l’existence d’un ouvrage imprimé depuis un siècle et demi, et relatif à cette même question. Il est intitulé : Descrizione d’un nuovo modo di transportare qual si sia figura, designata in carta, mediante i raggi solari, di Antonio Cellio, Roma 1686, in-4°. Du reste, personne, jusqu’ici, n’a vu ce livre, ni ne sait ce qu’il contient. 610 1833 1839

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