Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 119 mieux prendre ses mesures Ce n’était ni dans la saison de l’hiver, ni avec des troupes de nouvelle levée qu’il fallait se présenter en Sardaigne, en outre les vivres n’étaient point en assés grande abondance, puisqu’il me fut dit par le major g ral de l’escadre que si je ne pres- sais pas Cagliari en six jours il faudrait aler chercher de vivres en Italie, en outre l’argent manquait. Plusieurs des troupes demanderent avant de debarquer et par plusieurs deputa- tions assés seditieuses, le payement d’arrerages de soldes qui leur etaient dus ; on ne put les payer, ou elles furent mecontentes et servirent mal. J’avais si peu de munitions qu’en ramassant tout le papier et les balles qui se trouverent a bord des batimens de l’escadre je ne pus me procurer que 80000 cartouches, très insufisantes pour allér attaquér un paÿs ou tout le monde est armé ; il est vrai qu’un batiment de l’escadre en etait chargé, mais il fut jetté par la tempête sur les côtes d’Italie et ne reparut plus Cet inconvenient venait a la verité d’un contre tems qu’on ne pouvait absolument pas empecher, mais on pouvait et on devait le prevoir, il est toujours de la derniere imprudence de compter // pour etre appro- visionné a tems sur quelque chose d’aussi inconstant que la mer et les vents surtout en hiver Meme chose nous arriva à l’egard des troupes de debarquement qui ne purent com- pletter mon armée de terre, beaucoup trop faible n’etant que de 4000. hommes parce que les batimens qui portaient ces troupes furent totalement dispersés par la tempete. Voici a peu près les obstacles qu’a eprouvés à ma connaissance l’expedition de Sardaigne quant à la terre 1 , s’il s’en est rencontré d’autres dependants de la marine je ne peux les indiquer parce que je ne suis pas du metier, ce serait trop hasarder. Le contre ami- ral Truguet peut seul en donner le detail s’il ne l’a pas deja fait. A Nice le 26. pluviose l’an 3 e de la République française une et indivisible. Le general div re Signé Raphaël Casabianca. 85 Lettre (S.H.A.T. Xb 177). Inédit Toulon, 10 mars 1793. Le colonel Laissac au ministre de la Guerre. 4134 Toulon le 10 mars 1793, l’an 2. de la République française. Citoyen Ministre J’ai l’honneur de vous informer que le 42 ème . régiment vient de débarquer ici, de retour de l’expédition de Sardaigne, où il a été conduit par le contre-amiral Truguet, comme je l’ai marqué dans le temps, à vôtre prédécesseur. C’est sur l’ordre du lieutenant général Paoli, commandant la 23 e . division, que le régiment a marché à cette expédition, et le contre-ami- ral Truguet a du instruire le Conseil exécutif des motifs qui l’ont engagé à nous porter ici au lieu de nous ramener à Ajaccio 2 . Je joins ici deux états de situation du régiment, l’un relatif à l’époque qui a précédé l’em- barquement, l’autre établi suivant l’ordre provisoire où il fait le service depuis deux mois, et 1. Engagé dans la même entreprise, Bonaparte, qui participait à la manœuvre de diversion opérée contre l’île de la Maddalena, clef des Bouches de Bonifacio, connut des difficultés similaires. Selon E. Peyrou, victime de la rivalité qui dressait contre les volontaires corses les matelots provençaux, il « manqua être assassiné par les Marseillais » (H.E.). 2. Pendant que l’on embarquait des troupes pour la Sardaigne, un arrêté du Conseil exécutif en date du 17 janvier avait décidé que la Corse faisait partie de l’armée du Var (P.R.O.). 85 1792 1795792795
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