Niépce correspondance et papiers
120 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS je dois à ce sujet entrer dans quelque explication. Au moment même où le régiment alloit s’embarquer 1 nos sous-officiers représentèrent au général Cazabianca qui // commandoit alors à Ajaccio & qui nous a commandés aussi dans l’expédition, qu’il resultoit de grands inconvéniens pour le service, surtout allant à l’ennemi, que sur les trois emplois supérieurs du régiment, deux restassent vacans, et en conséquence ils demanderent au général de rem- placer provisoirement le colonel Maillard 2 et le premier lieutenant-colonel Dehau 3 , absens l’un et l’autre sans congé. Ils lui demanderent aussi le remplacement provisoire du capitaine Beaufort qui avoit envoyé son mémoire de retraite qu’ils pensoient ne pouvoir lui être refu- sé, à cause de ses infirmités. Ce fut d’après leurs répresentations et les circonstances parti- culières où se trouvoient le régiment, que le général Cazabianca ordonna les receptions pro- visoires mentionnées dans l’état n° 2 4 . Je m’y étois refusé ; ( On ne peut douter que ce refus de ma part ne fut sincère. A la même epoque j’étois proposé, ou j’allois être proposé par le lieutenant général chef de la division à ce même emploi de colonel que les sous-officiers & soldats m’offroient sans mon aveu. Depuis un mois il m’avoit ordonné de lui envoyer mon mémoire de proposition, depuis plus de quinze jours je lui avois fait passer & cette jouissan- ce anticipée fut un véritable chagrin pour moi 5 . ) mais je cédai // aux considérations assez puissantes qui déterminèrent le général Cazabianca et à ses ordres. Il est vrai qu’il ne me les donna point par écrit ; mais il est trop plein d’honneur pour ne pas convenir qu’il me les a donnés et j’ajouterai que le contre-amiral Truguet qu’on consulta fut aussi d’avis de faire ces receptions provisoires. Voilà la vérité dans toute son exactitude et le contre-amiral Truguet dans son prochain voyage à Paris se fera un devoir de la confirmer s’il le faut. C’est à vous Citoyen Ministre à prononcer. J’attendrai vôtre décison avec confiance. Le lieutenant-colonel commandant le 42 ème . régiment Laissac 86 Etat (S.H.A.T. Yb 407). Inédit Services militaires de Joseph. INFANTERIE. REGISTRE DES SERVICES DE MESSIEURS LES OFFICIERS Du Régiment de Limosin infanterie n° 42 [...] F° 102 1. Laissac évoquait le mois de décembre (v. 84n). 2. Lequel avait disparu le 15 novembre (v. 73n). 3. Jacques Hubert Dehau, né à Bergues en Flandres le 23 novembre 1733. Entré au régiment en février 1757, passé capitaine commandant le 8 avril 1779 (S.H.A.T.Yb 407). 4. Nous n’avons pu trouver cet état. Probablement Nicéphore y était-il mentionné (v. 90). 5. Tous les états de services consultés s’accordent sur la date du 16 novembre 1792 (soit le lendemain de la disparition de Maillard) comme étant celle de sa nomination au grade de colonel. Nous en tirons deux conclusions : 1° cette date était celle de sa nomination provisoire, 2° suite à cette lettre de justification, Laissac obtint gain de cause et, de provisoire, sa nomination du 16 novembre devint définitive. 1792 1795 1792 1795 Du 10 août jusqu’à la fin de la Convention
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