Niépce correspondance et papiers
12 62 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS Supplément S. 26 Extrait de lettre (Coll. M.B.). Inédit Givry, 28 avril 1867. Isidore à son fils Eugène 1 . [...] Mercredi passé, d’après l’invitation de Lépine, je suis allé déjeuner chez lui à Chalon, en compagnie de Mr. Coste Méray prop re à Russilly 2 , qui s’occupe avec succès de photogra- phie : après un beau et fort bon déjeuner, Mr. Coste nous a conduits dans sa voiture avec deux bons chevaux, à St. Loup, où Lépine voulait me montrer le cippe qu’il a fait ériger à la mémoire de mon père. Ce cippe colossal en ( 2 ) pierres qui pèsent bien chacune 6 pièces de vin, a à peu près 8 à 10 pieds de haut, sur un mètre 30 de large, et 50 à 60 c // d’épaisseur : une plaque de fonte qui couvre la largeur supérieure du cippe, sur une hauteur d’environ 70 c port est fixée à la pierre, et porte cette inscription commémorative en lettres dorées Maison dans la quelle J ph Nicéphore Niepce inventa la photographie année 1822 pro veritate et posteras inscripsit doctor Lepine 3 . Ce cippe est placé à l’extrémité de notre ancien clos du côté de la maison de Jean Grillot, au bord du chemin de fer. Mr. Coste a pris la vue de la maison depuis le bas du jardin ; puis il a placé sa chambre obscure contre la maison de Grillot de manière à voir le cippe, et la vue perspective de la maison du côté du chemin. Ces 2 vues avec une notice que j’ai envoyée jeudi à Lépine, paraîtront bientôt dans l’Univers Illustré 4 . L’ouvrage de Mr. Fouques devant paraitre à peu près à cette époque, viendra corroborer l’érection du cippe, car rien ne pourra contredire cet ouvrage qui sera aussi curieux qu’intéressant, et pour la construction duquel j’ai fourni tous les matériaux les plus authentiques, en outre une 40 aine de lettres de // mon père et de mon oncle depuis 1816 jusqu’en 1827 5 ; ces lettres parlent toutes des travaux héliogra- phiques de mon père, et sont, surtout celles de mon père, des modèles de style, et toutes deux sont admirables par la beauté, par la délicatesse des sentimens de tendresse dont ils étaient animés l’un pour l’autre. Quiconque aura lu cet ouvrage, restera convaincu qu’avant Daguerre, il existait un homme que l’on a méconnu, et au quel il y a une grande justice à rendre ! [...] 1. Nous ne reproduisons des lettres d’Isidore à Eugène que les extraits intéressant cette publication. 2. Russilly est un petit village qui se trouve situé à quelque deux kilomètres à l’ouest de Givry, sur la hauteur. 3. V. S. 25n. 4. Malgré une minutieuse recherche, nous n’avons pu les y trouver. 5. D’après sa propre liste (v. S. 3), Isidore lui avait fourni au moins 94 lettres des deux frères l’un à l’autre. D’ailleurs Fouque en annoncera 97 dans ses prolégomènes (V.F. p. 7).
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