Niépce correspondance et papiers

136 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 98 Rapport (S.H.A.T. B 3 8) Nice, 24 novembre 1793. Verjade et Brulé au ministre de la Guerre. Armée d’Italie. Nice, quartidi 1ère decade frimaire an 2 de la Republique une et indivisible 4 frimaire 1 . Claude Brulé et Verjade 2 au citoyen ministre de la guerre. Nous avons reçu une lettre de Xavier Audoin qui nous demande des renseignements sur les c ns Miollis 3 , Durand 4 et Macquard que les representans du peuple ont promus au grade de general de brigade. Nous devons d’abord te dire [...] 5 que depuis que nous sommes à l’armée d’Italie nous avons remarqué avec peine que le nombre des patriotes c’est à dire des vrais revolutionnaires est extremement petit la masse generale est infectée de mode- rantisme, ou ( et d’autres ) ils n’ont pris le masque du patriotisme que pour echapper a la poursuite rigoureuse que l’on exerce contre tous les mauvais citoÿens : mais ce masque n’est pas assés épais pour ne pas laisser paroître de tems en tems des traits d’incivisme. Encore le petit nombre de sans culottes que nous avons distingué n’est-il pas dans l’etat major. Tout est à faire dans le departement des Alpes Maritimes. Il est reculé, pour ainsi dire, d’un siecle. La guillotine n’est arrivé icy que depuis trois jours 6 , tout le monde court la voir et elle n’a pas encore fait tomber la tête d’un seul aristocrate, ou accapareur 7 quoique ce paÿs en soit peuplé. Il faudroit, icy, des mesures rigoureuses et revolutionnaires et nous devons te dire que l’on n’en prend aucune : il faudroit icy un comité de surveillance com- posé de republicains actifs et surveillans pour arreter les conspirateurs, les gens suspects et les correspondans du tyran sarde Ce comité existe mais il ne remplit que foiblement son objet parce que sa marche est entravée 8 , il faudroit une commission militaire pour les juger 1. 24 novembre 1793. Le calendrier républicain était en usage depuis le mois précédent. 2. Nous n’avons pu trouver sur eux aucun renseignement biographique. Quant à leur fonction, nous ignorons quelle elle était. 3. Alexandre-François Miollis (1759-1828). 4. Le général François-Marie Durand (1741-1794). Il mourut moins d’un an plus tard, le 8 septembre, dans l’écrou- lement de la muraille sous laquelle il s’était réfugié. Appelé à Nice en octobre 1792 par le général d’Anselme pour y organiser la police,il avait été nommé commandant de la place à titre temporaire en juillet 1793 (D.B.F.). 5. Deux mots rayés, illisibles. 6. Selon Joseph Combet (malheureusement souvent désordonné, brouillé avec les dates et imprécis dans ses références), « la guillotine arriva à Nice en brumaire an II (octobre 1793). Son poids était de 500 livres brut. Elle avait été expédiée de Paris par le citoyen Schmit, le 4 octobre [...]. Son parc fut installé le 24 octobre place de l’Egalité,“comme étant presque au centre de la ville et où, par conséquent, elle est plus à même d’imposer de la crainte aux malveillans et ennemis du bien public » (J.C.1 p. 123). 7. La surabondance des assignats avait provoqué une crise économique intense,et le peuple,menacé de disette, attribuait le renchérissement des vivres aux manœuvres des accapareurs. Sollicitée par des députations, la Convention décida d’« assurer les subsistances en mettant fin aux accaparements » et d’« abaisser le prix des choses ». Au terme du décret du 4 mai 1793, le maximum du prix de vente fut fixé dans chaque département. 8. Sous l’autorité du comité de Sûreté générale, les comités de Surveillance ou révolutionnaires avaient pour mission de « surveiller et arrêter des suspects, assurer les approvisionnements, prendre des réquisitions, faire appliquer les décrets sur le maximum. Il y en eut plus de 21000 » (H.F. t. 2 p. 243). 1792 1795 1792 1795 Du 10 août jusqu’à la fin de la Convention

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