Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 137 revolutionnairement, ce tribunal n’existe pas : il faudroit une troupe // patriote unique- ment destinée à faire la recherche de tous les hommes qui se cachent et de tous les acca- parements cette troupe n’existe pas, il faudroit ...... nous n’en finirions pas s’il falloit t’in- diquer tous les moÿens de vigueur à prendre non seulement pour faire naître l’esprit public mais encore pour empecher des trahisons ; nous te repeterons que l’on n’en a prit aucune. Il n’y a pas plus de trois jours que les barbets ont attaqué et enlevé un de nos convois et assassiné nos volontaires. Ils font la guerre en voleurs et en assassins ce sont des habi- tans du paÿs qui ont l’air de labourer nos leurs champs et qui tuent à coups de fusil nos malheureux freres d’armes qui voyagent seuls dans les montagnes 1 . Je t’en ai déjà parlé. Il faut, enfin, mettre un terme à ces brigandages ; il faut les traiter comme les brigands de la Vendée, et l’on pourroit facilement les detruire 1° en rendant les communes responsables des assassinats qui se commettront dans leur territoire 2° en prenant pour otages tous les parents des barbets 3° ayant quatre compagnies de chasseurs destinés à battre patrouilles dans les montagnes et à desarmer les campagnes. D’après cet exposé, tu dois presumer quelle sera notre opinion sur les trois hommes dont Audoin nous parle. Miollis ci-devant commandant du ( 3 e ) b on des l’Herault ( Bouches-du-Rhône ) est primo un noble ensuite un modéré qui n’a pas deffendu les sans-culottes de son bataillon, et qui a toujours tenu une conduite equivôque. Il est vrai qu’il a reçu une blessure très gràve en marchant à la tête de son bataillon et qu’il passe pour bon soldat ; mais cela ne doit pas empecher des patriotes de suivre // le grand principe de l’expulsion des nobles. Il commande actuellement à Monaco qui est une place trop importante ( pour ) qu’elle reste entre les mains d’un homme en qui on ne peut pas avoir entiere confiance. Durand ci-devant officier de gendarmerie commandant de la place de Nice a été nommé par les representans du peuple parce qu’a l’épôque de la trahison de Brunet il s’est montré contre le traitre 2 . Cependant les patriotes nous assurent qu’il n’a jamais été repu- blicain, qu’il recoit les sans culottes avec hauteur, qu’il est souvent le soir en gaieté, et que par sa facilité a donner des permissions de passer le Var il a favorisé la defection d’un tiers de l’armée. 1. Cette définition des barbets est très semblable à celle qu’en donnera le docteur F.E. Foderé (1764-1835) : « Il se forma successivement des hameaux et des chemins de communication avec les peuples voisins, qui firent participer les indigènes de ces Alpes aux avantages de la grande société, et les détournèrent insensi- blement de l’état de berger,qui ne devint qu’accessoire aux occupations de l’agriculture.Dans ces dernières guerres, où la démoralisation était à son comble, les laboureurs mettaient à mort impitoyablement tout Français qui voyageait seul, et je ne connais pas d’exemple d’une semblable cruauté parmi les bergers de profession. Un paysan allait labourer son champ, armé d’un fusil, qu’il déposait dans un sillon ; voyait-il pas- ser un étranger, il quittait la charrue pour prendre l’arme meurtrière, et la diriger de loin, à travers les haies, contre le passant : si celui-ci tombait, il accourait pour le dépouiller ; sinon, il remettait l’arme dans le sillon, et continuait son travail, sans que le voyageur eût pu se douter de quelle main le coup était parti. Ces hor- ribles faits m’ont été rapportés par leurs propres auteurs : forcé d’allier la sûreté de ma personne avec mon zèle, je prenais, pour m’escorter, les brigands mêmes, trop connus sous le nom de barbets, qui me mon- traient froidement, à chaque défilé, le lieu où ils avaient enterré quelques-unes de leurs victimes » (F.E.F. t. 1 p. 334). Nicéphore a lui-même laissé des barbets un souvenir comparable (v. 153). 2. V. 84n. Brunet avait été exécuté neuf jours plus tôt, le 15 novembre, décrété d’arrestation pour n’avoir pas obéi à certains ordres et avoir entretenu une correspondance avec les contre-révolutionnaires de Marseille et de Lyon (D.B.F.). 98 1792 1795792795
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