Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 153 cette commune de Nice chef lieu du departement des Alpes Maritimes sont comparus a la maison commune pour contracter mariage d’une part le Citoyen Joseph Nicephore Nieps 1 adjoint a l’etat major de l’armée d’Italie natif de Chalons sur Saone district idem departe- ment de Saone et Loire domicilié en cette commune depuis quinze mois a la rue des Metiers section premiere, agé de vingt neuf ans fils de feu Claude Nieps et de Claudine Barraut domiciliée audit Chalons sur Saone ; d’autre part la Citoyenne Agnès Romero agée de trente ans 2 fille de feu Ignace Romero, et de Francoise Beidin veuve depuis huit mois de Jean Louis Mignon 3 , native et domiciliée en cette commune, a la susditte rue et section 4 ; lesquels futurs conjoints etoient accompagnés des Citoyens, François Gauché // chef du second bataillon de la soixante dixieme demi brigade, agé de soixante ans, de Jean-Claude Langlois capitaine au second bataillon, de la quatre vingt troisième demi brigade 5 com- mandant temporaire, du fort et chateau de Nice agé de cinquante ans, de Honnoré Figuiere comis 6 agé de trente cinq ans, et d’Antoine Testoris, vivant de ses rentes agé de soixante cinq ans 7 , tous domiciliés en cette commune et amis des parties, nous officiér public sus- dit après avoir fait lecture en presence d’icelle et desdits temoins de l’acte de publication de prommesse de mariage entre les futurs conjoints 8 , dressé par nous le douze du courant et affiché le meme jour 9 , tant a la porte principale, et exterieure de cette maison commu- ne, que a la porte de la section premiere 10 actuel domicille des parties, apres aussi que ledit Joseph Nicéphore Nieps, et Agnès Romero ont eu pronnoncé a haute voix se prendre mutuellement pour epoux, et nous avons pronnoncé au nom de la loi que le dit Joseph Nicephore Nieps et Agnès Romero, sont unis en mariage, et avons dressé le présent acte nistrateurs du département de ce que « des monstres que la République avait encore dans son sein [...] ont subi la peine qu’ils méritaient » (A.D.A.M. L 96). 1. C’est la première fois qu’apparaît la combinaison Joseph Nicéphore. 2. Ce qui fait remonter sa naissance à l’année 1764. Le 27 juillet 1855, son acte de décès lui donnera quatre- vingt-quinze ans, sous-entendant par conséquent qu’elle était née en 1760.Selon Potonniée, Agnès « s’était rajeunie » (G.P. p. 79 note 1). Nous ne le pensons pas. Plus vraisemblablement, ignorait-elle son âge. De fait, en 1843, à la veille de son entrée à l’hospice de la Charité de Chalon, on en sera encore à supputer l’âge d’Agnès « qui n’a pu représenter son acte de naissance » (App. XXI). 3. V. 99. 4. Rue des Métiers, probablement dans la septième section, et non dans la première, nous l’avons dit. C’est d’ailleurs dans cette même septième section qu’abitaient Agnès et son premier époux huit mois plus tôt. Après quatre mois passés dans divers hôpitaux de l’armée (v. 101), c’est probablement grâce à ses « soins vigilans » et à ceux de sa mère que Nicéphore avait définitivement recouvré la santé.Son fils écrira que c’est guidé « par un sentiment dicté par la reconnaissance [qu’il] épousa la veuve qui était encore jeune, et parée des attraits séduisans qui caractérisent les femmes des pays méridionaux » (v. S. 7). 5. Bataillon auquel appartenait Nicéphore. 6. Honoré Fighiera n’était pas commis, mais prêtre. Il bénit l’union Nicéphore et Agnès le jour même (v. 132). « Ordre leur [aux prêtres] ayant été donné de suspendre toutes les cérémonies du culte : naissances, mariages et décès, pour ceux qui ne seront pas nantis d’un certificat des officiers publics » (J.C.1 p. 144), Sainte-Réparate, la cathédrale de Nice, ayant été fermée trois semaines plus tôt, le 13 juillet (ib. p. 147), le mariage religieux eut lieu discrètement, sans cérémonie. « En réalité, la grande persécution [à Nice] consista à supprimer les signes extérieurs du culte » (ib. p. 148). 7. Antoine Testoris. Lui aussi fut témoin du mariage religieux (v. 132). 8. V. 110. 9. Le 30 juillet. 10. Noter que l’officier municipal persistait à situer le domicile des mariés dans la première section. Ceci tend à indiquer que la rue des Métiers se trouvait effectivement à proximité de la cathédrale (v. 99n). 110 1792 1795792795
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