Niépce correspondance et papiers

166 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS PRIX : 4 livres A PARIS, DE L’IMPRIMERIE DE DIDOT JEUNE, L’AN TROISIEME [...] INTRODUCTION [...] Je supprime ici le plan de l’Ecole Normale que j’avais conçu. J’ai été devancé par le zèle ardent du comité d’Instruction publique, et en vrai républicain je m’en applaudis. Qu’importe de quelle source vienne le bien, pourvu qu’il se fasse ? [...] Voilà notre patriotisme ! nous voudrions bien n’être plus esclaves ; mais nous ne savons pas être libres [...] Il faut tout changer dans l’ordre moral, comme vous avez tout changé dans l’ordre politique [...] J’ai connu un homme qui riait beaucoup lorsque je lui vantais les douceurs de la vie domestique [...] EDUCATION COMMUNALE OU PREPARATOIRE PREMIER AGE Depuis la naissance jusqu’à trois ans révolus [...] Formez donc autour de chaque commune, suivant sa population, un ou deux jar- dins de l’enfance [...] Allez vous promener dans la belle saison au jardin du Luxembourg 1 , qu’on devrait appeler plutôt le jardin de l’enfance [...] J’ai souvent remarqué au Luxembourg plus d’une femme du bouton se promener et converser avec telle femme du peuple [...] toutes deux étaient mères [...] Tandis que les mères se formeront aux vertus républicaines, nos petits marmots, habi- tués à être toujours ensemble, se formeront à la fraternité. On ne peut concevoir le plaisir que les petits enfans ont à vivre entre eux. Combien en ai-je vu au Luxembourg pleurer et pousser les hauts cris, de ce qu’on les arrachait d’auprès de leurs compagnons ! cet instinct qui porte l’homme vers l’homme se discerne déjà dans un enfant de cinq à six mois : à cet âge, où ils ne connaissent que leurs mères, où un étranger leur fait peur, un enfant leur plaît. Rapprochez deux enfans l’un de l’autre ; d’abord ils se considèrent avec beaucoup d’attention ; ensuite ils cherchent à se palper avec leurs petites mains ; puis ils se sourient ; puis finissent par baragouiner entre eux : ce sont déjà deux amis, deux compagnons, deux camarades ; il ne leur manque que quelques années de plus pour être Pylade et Oreste. O ma Julie ! quelle était ta joie lorsqu’on te présentait un enfant! Comme tes petites 1792 1795 1792 1795 Du 10 août jusqu’à la fin de la Convention 1. Claudine et Jean-Gervais, on l’a vu, habitaient rue des Petits-Augustins (v. 112), aujourd’hui rue Bonaparte (réduite à sa portion comprise entre la Seine et la rue Jacob).

RkJQdWJsaXNoZXIy NDY2MA==