Niépce correspondance et papiers

N IEPCE 171 pour arrêter ses écarts. Tous les jours nos élèves iront sur un cadâvre étudier la structure du corps humain, la forme et la situation de ses parties solides, leur influence et leur action sur les parties fluides ; tous les jours ils feront sur le corps de l’homme les mêmes expé- riences que dans les champs ils faisaient sur le corps des autres animaux ; et, en compa- rant ainsi toutes leurs observations, ils parviendront peu à peu à la connaissance la plus approfondie de l’anatomie. Une autre centurie se transportera dans le laboratoire du chimiste, pour y décompo- ser, dissoudre et briser toutes les productions naturelles que dans ses courses agrestes elle aura pu observer ; pour les soumettre à l’action du feu ; pour déplacer jusqu’aux plus petites molécules dont elles seront composées, et découvrir par là leurs éléments et leurs premiers principes, et se faire par là une idée de la formation des cristaux, de la dissolu- tion des corps, de la nature des pierres, etc. Une autre centurie ira étudier dans le cabinet du physicien les causes de cette dépen- dance continuelle dans laquelle nous tiennent les divers élémens ; et, à l’aide de l’expé- rience, apprendra à connaître leur force, leur ressort, leur action, et ce qu’il faut en espé- rer, et ce qu’il faut en craindre. Une autre centurie visitera les manufactures de la ville, y travaillera même, pour mieux connaître le jeu de toutes les machines, la mécanique des forces mouvantes, leur nature, leurs lois et leurs effets, et comment elles suppléent dans les grands travaux à la fai- blesse ou à la disette des hommes. Une autre centurie se distribuera dans les boutiques des marchands, obéira à tous les ordres qu’elle en recevra, soit pour expédier ou emmagasiner les marchandises ; soit pour les soigner ou les détailler ; soit pour tenir le livre de compte ou le livre de correspondan- ce ; et acquerra ainsi des notions précieuses et sur le commerce du pays, et sur la nature de ses marchandises, et sur leur qualité et sur leur valeur. Une autre centurie enfin se rendra au manège, pour y recevoir des principes d’équi- tation ; car désormais il faut que tout le monde soit cavalier. Combien de fois, depuis que nous luttons contre tous les tyrans de l’Europe, avons-nous senti le besoin d’une cavalerie bien montée ! [...] De la Femme [...] De tous les exercices qui peuvent convenir à la femme, celui de la natation me paraît le plus utile ; parce qu’alors tout son corps est dans un mouvement continuel ; que tous ses membres fatiguent, que tous ses muscles travaillent ; que tous ses nerfs s’étendent ; parce que le contact seul de l’eau corrobore la machine, sans lui ôter ce doux moëlleux qui l’embellit. N’épargnez donc ni soins ni dépenses pour faciliter aux jeunes vierges l’usage de la natation. Dans tous les lieux privés de rivière, établissez de grandes pièces d’eau ; ou plu- tôt emparez-vous de toutes celles que le luxe entretenait dans les lieux les plus arides, pour y nourrir quelques chétifs poissons : la Patrie gagnera plus à élever des filles que des carpes. L’équitation serait encore très utile aux vierges. Le mouvement du cheval bonifie la poitrine, fortifie les reins, donne aux os plus de dureté, aux cartilages plus d’élasticité, habitue aux petites dislocations, aguerrit contre les petites douleurs, et inspire une certai- ne hardiesse qui ne messied pas à la modeste beauté. Vous pourrez aussi imprimer plus de mouvement à la danse, à mesure que vos élèves 118 1792 1795792795

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