Niépce correspondance et papiers

174 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 1. V. 118 : « Plan de l’ouvrage ». 2. Ce n’était pas le sentiment général (v. 121). 3. V. 118. 1792 1795 1792 1795 Du 10 août jusqu’à la fin de la Convention [...] LIVRES DIVERS De l’Education dans les grandes répu- bliques ; par J.G Labene. A Paris, de l’impri- merie de Didot jeune, l’an 3. Se vend chez Fuschs, quai des Augustins, n° 39, et Desenne, au Palais-Egalité, arcades n° 1 et 2. Prix : 4 liv. pour Paris, et 5 liv. 5 s., franc de port, pour les départements. Cet ouvrage intéressant est précédé d’une introduction dans laquelle l’auteur établit avec autant de clarté que de raison la nécessité de joindre les institutions civiles à la constitution, et de leur donner pour base une éducation commune. Nous ne le sui- vrons point dans les divers développements qu’il donne à son sujet. Il a divisé son plan en six âges ; il prend les individus depuis la naissance, et les fait passer par diverses gra- dations jusqu’à vingt et un ans 1 . Le citoyen Labene nous paraît avoir voulu réaliser pour l’éducation commune ce que J.J. Rousseau avait proposé pour l’éducation particulière dans Emile . On voit qu’il est pénétré des principes et des sentiments de cet immortel écrivain. L’ouvrage que nous annonçons res- pire, à chaque page, et doit respirer l’amour de la patrie, l’enthousiasme de la liberté, la pureté des mœurs, le respect pour la vieilles- se et la pratique de l’hospitalité. Il s’ocupe aussi des moyens de régénérer et perfection- ner l’éducation des femmes. Sans approfon- dir tous les moyens que l’auteur indique pour parvenir à donner à la république une bonne éducation, nous dirons que rien n’est plus aimable que les jeux qu’il emploie pour élever et instruire des républicains ; nous croyons même que rien n’est moins imprati- cable que son plan 2 . Point de théorie pure, toujours la pratique à côté. En adoptant sa méthode, les élèves seraient, à vingt et un ans, les plus vertueux des citoyens et les plus instruits des hommes. L’auteur nous pardonnera de lui repro- cher quelquefois un peu de déclamation ; quelquefois il lui échappe des expressions que le bon goût ne saurait permettre ; il lui sera facile de faire disparaître des taches et des longueurs qui nuisent toujours à la per- fection et à la rapidité du syle. Nous terminerons cet article par deux citations qui prouveront la franchise du citoyen Labene, en même temps que la pure- té de ses opinions, et combien il lui est pos- sible d’écrire avec goût, élégance et simplicité. « C’est ainsi que, pour étouffer les trop vives douleurs que renouvelait sans cesse en moi le souvenir d’une fille chérie 3 , je traçais le plan d’une éducation républicaine adap- tée à une vaste population. Mais à quoi bon s’occuper de si brillantes chimères, me suis- je dit souvent, si ce qu’on a arrêté aujour- d’hui, on le détruit demain ; si tantôt nous avons la manie de ne vouloir faire que des académiciens, et tantôt la folie de ne vouloir faire que des bêtes ; si dans un moment nous constituons les chefs de famille magistrats suprêmes de l’Instruction publique, et dans 120 Critique Paris, 1 er mars 1795. Le Moniteur Universel annonce la parution du livre de Jean-Gervais Labène. GAZETTE NATIONALE ou LE MONITEUR UNIVERSEL N° 161. Primidi 11 VENTOSE, l’an 3 e ( Dimanche 1 er MARS 1795, vieux style. )

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