Niépce correspondance et papiers

N IEPCE 207 mois 1 , qui nous sont arrivées par le même courier. Je partage avec elle ainsi qu’avec mes frères, la joie et la reconnoissance dont ils ont été pénétrés en apprenant que vous persis- tez dans la ferme résolution de nous relâcher l’usu-fruit des biens de mon père. Nous avons eprouvé ces mêmes sentimens mêlés d’admiration, en considérant, d’après le tableau que vous avez bien voulu nous envoyer 2 , les améliorations etonnantes que vous avez faites dans des tems difficiles, et malgré les dettes considérables dont la succession étoit grêvée 3 . .A l’egard de la malheureuse découverte dont vous nous parlez, nous n’avons eu, ma très chère mère, ni directement, ni indirectement, aucune connoissance des evenemens qui l’ont précédée et de ceux qui l’ont suivie. On ne s’est pas encore permis, on ne se permettra jamais contre vous, en notre présence, des inculpations pareilles à celles dont vous vous plaignez si justement. Une confidence de cette nature seroit on ne peut pas plus injurieuse à notre maniè- re de penser et de sentir ; et elle ne nous paroit guère présumable de la part des personnes qui ont été dans le cas de l’apprécier. Au reste, quel ( s ) que soient les auteurs de ces obscures calom- nies, vous ne tarderez pas à leur donner un démenti formel. L’authenticité, la publicité de l’ac- te que vous avez la bonté de faire en notre faveur, couvriront de honte et de confusion, nos ennemis communs 4 . Nous avons donc sous ce rapport, une raison de plus pour solliciter et attendre avec impatience, le résultat de vos promesses. // .Ma femme qui m’a ecrit dernièrement 5 , me mande que le manque d’occasion et la rigueur du froid ne lui ont pas permis de faire partir Isidore 6 . Elle me charge d’être auprès de vous, ma très chère mère, l’interprète de ses respectueux sentimens, et de dire mille choses affectueuses de sa part, à mon frère 7 . Malgré les prèssantes sollicitations de mon beau-frère 8 , et la recommandation dont je suis appuyé 9 , je ne suis pas encore placé 10 , parce que je desire l’être d’une manière avantageuse, et que je crains d’un autre côté, de grossir la foule dévorante de certains employés de l’armée 11 ; mais j’espère que je ne perdrai rien 1. Les 31 décembre 1798 et 7 janvier 1799. Documents inconnus. Cette première phrase nous fournit deux précieux renseignements, à savoir : 1° que Claudine était aux côtés de Nicéphore, ce qui tend à confirmer qu’elle est l’auteur des lignes qui figurent au bas du document ; 2° qu’ils séjournaient à Milan depuis un cer- tain temps. On sait par ailleurs que Claude s’y trouvait également et que les deux frères s’occupaient du « principe moteur » de leur invention (v. 173). Quoi qu’il en soit, ils n’avaient pu gagner l’Italie avant la deuxième quinzaine d’octobre 1798 (v. 141). 2. Document inconnu. 3. Ceci contredit le témoignage d’Isidore qui a déclaré que son grand-père était mort en laissant une « belle fortune » (v. S. 7). Nous avons dit comment, vraisemblablement, Madame Niépce était arrivée à redresser la situation financière familiale (v. 65) malgré l’effondrement des assignats (v. 144). 4. V. 142n. 5. De Nice, sans doute (v. 141). 6. A destination de Chalon ? Nous ne pouvons le dire. On peut supposer que Madame Niépce était impatiente de faire la connaissance de l’aîné de ses petits-enfants. Isidore n’avait pas encore quatre ans. 7. Bernard, sans aucun doute possible (v. 142). 8. Un frère d’Agnès ? Nous n’en avons aucune trace. Jean-Gervais Labène ? Au lendemain de son divorce avec Claudine, il avait été nommé membre correspondant de l’Académie des Sciences morales et politiques (v. App. XII § 5). Proche du Directoire, il s’était vu confier une délicate mission diplomatique à Madrid, dont il s’était tiré avec succès (ib. § 2). Il était inconstestablement en mesure de faire jouer d’importantes relations. Mais est-il concevable que Nicéphore l’ait désigné par beau-frère ,alors que son divorce remontait à trois ans et son remariage avec Julie Dodun à deux (ib. § 2) ? 9. Celle de son beau-frère, sans aucun doute. 10. Le laconisme du propos, une certaine banalisation de la question qui en fait l’objet, constituent peut-être une indication, permettant de penser que Nicéphore s’était plusieurs fois trouvé confronté au problème depuis 1795 (v. 128n). 11. Milan était encombrée de Français sans emploi. En août 1798, P.A. Hulin (1758-1841), alors chargé du com- mandement de la ville, se plaignant d’un trafic de cartes de résidence, s’avouait « dans l’impossibilité de 143 1795 180490

RkJQdWJsaXNoZXIy NDY2MA==