Niépce correspondance et papiers

N IEPCE 319 principe simple qui consiste dans l’equilibre de deux colonnes d’eau 1 dont les hauteurs sont en raison inverse de leurs diamètres. L’une de ces colonnes représente la puissance, et l’autre la résistance. Pour transmettre l’action de la premiere, nous n’avons pas eu besoin de recou- rir au système des roues et des leviers. La force motrice agit d’une maniere directe. Elle est indépendante du mouvement de l’eau : la perte de ce fluide ( liquide ) , ne sert qu’à détermi- ner la succession des effets. Deux corps de pompe, deux pistons, trois soupapes et un mar- teau ; voilà tout cequi constitue le mécanisme de la machine proprement dite. Il n’entre pas de bois dans la construction ; elle peut jouer quoique submergée, et même sous la glace : enfin elle est // susceptible d’elever de grandes masses d’eau à de grandes hauteurs, avec une chûte peu considérable ( Ainsi, en la considérant sous le double rapport du produit et des frais d’en- tretien, on ne saurait lui contester une supériorité bien marquée sur les machines hydrau- liques ordinaires. Cette machine n’est terminée que depuis quelques jours : notre intention est de la présenter à l’Institut./. ) Ces avantages semblent devoir lui donner une supériorité bien marquée sur les machines hydrauliques ordinaires. .N.B. D’après la théorie de notre cette machine, il est aisé de voir que la force est se trou- ve appliquée plus avantageusement que dans le bélier 2 . En effet, toute l’action de cette force s’exerce contre la résistance représentée par la soupape du récipient ; tandis que dans le bélier, cette même soupape ne reçoit qu’une partie de la réaction du cylindre d’eau mis en mouve- ment, puisque sa surface n’est qu’une partie de celle de l’enveloppe de ce cylindre : il est donc probable que la pompe hydrostatique exécutée en grand, seroit plus productive que le bélier. .Nous croyons aussi qu’il y a des circonstances où celui ci ne sauroit la remplacer. Pour s’en convraincre il suffit de considérer que le choc 3 étant le produit de la masse par la vitesse, cette vitesse doit diminuer à proportion que le diamètre du bélier augmente, la hauteur de la chûte restant la même ; et qu’enfin, elle deviendrait nulle si le bélier avoit pour diamètre toute la hauteur de la chute : ( On ne peut donc pas avec cette machine, ele- ver de grandes masses d’eau à de grandes hauteurs ( lorsque ) avec une ( la ) chûte ( est ) peu considerable. Un autre avantage que la nôtre a sur celle-ci, c’est de pouvoir être employée directement comme principe moteur./. ) // .Note sur la Machine de Marly .D’après le calcul de M r . Montgolfier, la machine de Marly donnoit dans le principe 1/21 de la force qui lui étoit communiquée ; mais elle ne donne plus maintenant, que la 200 me . par- tie de cette force : de sorte que les 199 autres parties se trouvent employées en pure perte. 1. En cela, hydrostatique était le mot juste. Carnot leur fera remarquer qu’il devenait impropre dès lors qu’un marteau intervenait dans le mécanisme (v. 211) et les Niépce baptiseront plus simplement l’engin « machine hydraulique à chute » (v. 219). 2. Bélier hydraulique, dont l’un des deux inventeurs, Joseph-Michel Montgolfier (v. 195), venait justement d’en- trer à l’Institut. Autant dire que l’assertion des Niépce, pour le moins hardie, demandait effectivement à être prouvée (v.211).L’effet du bélier hydraulique était d’élever les eaux des rivières sans pompes ni rouages.« La machine se compose de deux tuyaux communiquant [sic] et de deux soupapes: une soupape d’arrêt munie d’un contrepoids située à l’extrémité aval du tuyau et immergée dans la rivière parallèlement à son courant, et une soupape de sortie située en bas du tuyau vertical. La brusque fermeture de la soupape d’arrêt, due à la vitesse de l’eau dans le tuyau immergé, crée une pression de choc qui provoque l’ascension de l’eau dans le tuyau vertical. En début de reflux, la fermeture de la soupape de sortie empêche le tuyau vertical de se vider. Le contrepoids ouvre la soupape d’arrêt et un nouveau cycle recommence » (B.V.). 3. Le coup de bélier. 210 1804 1815

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