Niépce correspondance et papiers

N IEPCE 421 cousin S t . Victor ; mais je pense bien que ça ne sera pas ma derniere visite. M r . le Comte de Jouffroy que tu as vu à Paris, est venu dernierement à Châlon ; il n’a fait que passer pour aller au Creuzot d’où il devait repartir de suite pour la capitale. Je tiens cette nouvelle de M r . Le Cordier qui parait assez lié avec M r . le Marquis. Il y a sur le chantier quatre bateaux de trans- port, en sapin de 40 piés de long sur 7 piés de large 1 déstinés à aller à la fin l’un de l’autre, et faits de maniere à s’emboiter pour offrir le moins de résistance au courant. M r . de Jouffroy m’a dit que la pompe à feu qu’on construit au Creuzot pour la diligence* que tu as vue au Petit Bercy, sera prête dans le courant de ce mois ; qu’elle aura 28 pouces de diamètre 2 , et fera l’effort de 20 chevaux : un cheval étant supposé faire un effort continuel de 175 livres : cequi est bon à savoir. Lorsque la pompe sera finie ce monsieur compte retourner à Paris pour voir lancer la nouvelle diligence. On travaillera ensuite à celle qui doit aller d’ici à Lyon, et c’est encore au Creuzot que s’exécutera la pompe à feu qui servira à // la mouvoir. M.M. Darassy et Le Cordier ont bien voulu dire de nous les choses les plus flatteuses ; ainsi nous étions déja connus ici de M r . de Jouffroi sans nous en douter ; et j’espère d’après cela, qu’il ne nous sera pas difficile de leur inspirer la plus grande confiance./. Nous croyions, mon cher ami, rece- voir le paiement entier de nos vins, mais nous n’en avons pu toucher que la moitié, nous avons payé de suite les gages arrierés de Bourjon et de Babet, montant, compris les 130 francs que tu devais à cette derniere, à près de mille francs ; et nous avons mis le reste dans nos sacs. Les deux époux sont partis le 30 et ont été remplacés par une jeune cuisiniere qui parait être un fort bon sujet. L’évènement qui les a forcés de déguerpir est, je te l’avoue, un coup de la providence dont tu nous devons la remercier. Nous souhaitons cependant que tu puisses les obliger ; mais il est à desirer qu’ils nous oublient et surtout qu’ils n’entretiennent pas des liai- sons dangereuses avec la belle sœur./. Je voudrais déjà être de retour à S t . Loup pour pouvoir reprendre la suite de mes expériences trop souvent interrompues 3 ./. Il faut que je mette ma lettre à la poste : adieu, mon cher ami : nous t’embrassons, ma femme et moi comme nous t’aimons, c’est à dire de cœur. ://: J.N. Niépce [E.m. p. 4] .P.S. J’aurai le plaisir d’ecrire une autre fois à Isidore. Embrasse le bien pour nous ( et rapelle lui aussi ) , je te prie, les décorations du Lys 4 demandées par mon cou- sin S t . Victor qui te dit ainsi qu’à lui les choses les plus honnêtes. // [E.m. p. 1] M r . et M me . Serre 5 nous ont priés de te faire part du mariage de M lle . leur fille avec le fils Boisset 6 ./. Ne nous oublie pas non plus, mon cher ami, auprès d’Antoine et 1. Soit 13 x 2,27 m. 2. Environ 76 cm. 3. Le contexte permet d’affirmer que Nicéphore parlait de ses recherches photographiques, interrompues par son départ pour Chalon, le mardi 2. Recherches qui n’étaient autres que celles dont il était question dans sa précédente lettre à Claude (v. 256). A signaler que Fouque, qui n’a publié de la lettre du 8 juillet que cette seule phrase, n’a pas craint de prétendre, sans aucun fondement, que Nicéphore écrivit ceci « à propos de la lithographie ». 4. « Créée le 26 avril 1814 (fleur de lys ; ruban blanc) pour les membres de la Garde nationale de Paris, ralliée à Louis XVIII. Répandue largement par la suite et dévaluée. Chaque département reçut un ruban de couleur distinctive » (Q.) 5. Peut-être le riche négociant chalonnais Pierre Serre, né en 1758, marié, père de trois enfants, qui habitait rue Saint-Antoine (A.M.C. 3H1/2). 6. Peut-être Benoît-Joseph, négociant, fils du médecin Jean-Guillaume Boisset. Mort le 15 septembre 1836, Benoît-Joseph avait épousé Anne-Julie Serre (R.V. n° 418, 868-70). 257 1815 1824 1 8

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