Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 427 donc bien, mon cher ami, assurer M r . de la Chabeaussiere du zèle que je mettrai à remplir le mieux qu’il me sera possible, la commission dont il m’a chargé. Il me sera bien agréable de lui donner en cela, un témoignage particulier de notre reconnaissance pour l’intérêt bienveillant qu’il daigne nous accorder. .J’ai lu avec le plus vif empressement et le plus grand plaisir les détails contenus dans ta lettre du 26, sur l’expérience que tu as répétée avec ton petit appareil de fer blanc. Le simple plan au trait et de profil que tu as eu la bonté de joindre à la description, me fait parfaitement concevoir ton idée aussi neuve qu’elle est ingénieuse. La disposition de ce plan incliné qui représente en quelque sorte une voile, et augmente considérablement la surface qui reçoit alternativement le choc de l’air et de l’eau ; cette disposition dis-je, constitue une découverte de la plus grande importance ; puisque, comme tu l’observes très bien, mon cher ami, ce procédé peut être employé à toutes les hauteurs que l’on voudra, sur mer comme sur les rivieres. D’un autre côté, on ne pouvait rien imaginer de plus simple et qui entravât moins la marche du bâtiment. Je crois aussi que ton procédé est très supérieur aux tuyaux qu’on emploierait même sur mer, attendu que dans ceux-ci l’effort de l’air ne s’exerce que sur une surface égale à leur orifice ; et que l’eau quoique frappée avec une grande vitesse, ne résiste cependant pas comme un corps solide ; de sorte qu’il y a // toujours une grande partie de l’effort employé en pure perte. A l’aide de ton plan incli- né, au contraire, la resistance de l’eau étant supposée la même, le dit plan reçoit un choc qui est dans le rapport de sa surface avec celle de l’orifice par lequel l’eau s’écoule ; et il doit en résulter ainsi un mouvement de progression d’autant plus grand. Je ne sais si je me trompe, cequi pourrait fort bien être ; mais je ne vois pas trop d’autre moyen d’expliquer l’avantage inappréciable qui résulte du plan incliné dont tu viens de faire une si heureuse application 1 . C’est donc avec un sensible plaisir et de tout notre cœur, mon cher ami, que nous partageons ta vive satisfaction, et que nous nous empressons de te féliciter d’une découverte aussi interessante et qui nous pouvons le dire, arrive aussi à propos. .Nous desirons bien savoir si M r . le Comte de Jouffroy aura enfin répondu aux lettres que M r . de La Chabeaussiere a eu la complaisance de lui ecrire à ton sujet 2 . Je pense que c’est relativement aux conditions du traité provisoire, qui malheureusement, ne parait pas avoir eu de suite, puisqu’il n’a point été revêtu de nos signatures. Ceque M r . de la Chabeaussiere dit des hommes de ce siècle, nous donnerait un peu à penser, si nous n’aimions mieux pré- sumer qu’il ne s’agit ici que de certains procédés que prescrit la politesse. Tu auras vu par ma derniere lettre à Isidore 3 , que les soi-disant inventeurs des bateaux à vapeur 4 , pourraient bien se trouver dans un grand embarras ; mais tu sauras tout cela mieux que moi. Il faut convenir, si les journaux n’en imposent point, que c’est encore là une chance en notre faveur, et que nous aurions peut être lieu de devenir à notre tour plus exigeans. .Depuis notre arrivée ici je n’ai eu que le tems de faire quelques préparations chi- miques pour les nouvelles expériences dont je vais m’occuper sur la lumiere. Si j’obtiens quelque heureux résultat, je m’empresserai, mon cher ami, de t’en donner connaissance ; 1. A la lumière de quelques données postérieures (v. 273), on comprend grossièrement que la sortie de la tuyère d’éjection donnait tout contre un panneau incliné à 45°, lequel se trouvait fixé à la partie postérieure de la quille. Le « choc » résultant de chaque explosion, s’exerçait contre cette « sorte de voile » et non plus directement dans l’eau. 2. On ne peut raisonnablement affirmer que ces lettres aient existé. 3. Sans doute celle du 13 juillet. 4. Andriel et C ie . 259 1815 1824 1 8
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