Niépce correspondance et papiers

428 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS mais il faut que nous retournions ce soir à la ville. Curley vient d’arriver ici ; il a laissé à Chalon sa femme 1 qui y est venue pour se trouver au passage de M me . de Bellile sa sœur qui se rend en Provence avec M r . son mari nommé gouverneur de Toulon 2 . Curley et sa femme devant repartir de suite pour Meuilley 3 , nous ne manquerons pas de revenir ici bien vîte ; car le séjour de // la ville est devenu bien plus triste pour nous, depuis que la pauvre Dodon 4 se trouve dans l’état où elle est. Nous ne pouvons plus espérer de la conserver, et cependant elle peut encore rester quelque tems entre la vie et la mort : je t’avoue que ce spectacle est déchirant. Nous ne manquerons pas de lui faire part du tendre intérèt que tu prens à sa cruelle position. Nous ne te l’avons cachée jusqu’ici que pour ménager ta sensibilité. .Baptiste sait que son frere 5 doit quitter Noizette pour se placer ailleurs : mais son cher frere ne lui dit pas où c’est, et le pauvre Baptiste qui serait bien aise de le savoir, me prie de te demander, mon cher ami, si tu en aurais connaissance. Nous n’avons que de bons témoignages à te donner de sa conduite : il continue de travailler avec zèle, avec assiduité, avec un certain amour propre ; et nous en avons pu juger par la tenue du jardin que nous n’avions pas revu depuis une vingtaine de jours. Nous voyons aussi avec grand plaisir, qu’il paraît prendre un véritable intérèt à tout cequi te concerne. .Je suis bien fâché que notre départ précipité pour la ville, me prive du plaisir de m’en- tretenir plus long tems avec toi ; mais j’espère m’en dédommager la prochaine fois. Je finis donc à la hâte et à regrèt, mon cher ami, en te réitérant l’assurance de notre inaltérable atta- chement : adieu ; reçois mille tendres embrassemens de la part de ma femme et de la mien- ne. Embrasse bien pour nous, je te prie, notre cher Isidore. Je recevrai de l’argent de la Berle 6 , sur la fin de la semaine, et je ne manquerai pas de lui en envoyer par la diligence. Je sais que tu as eu la bonté de lui faire des avances : nous t’en remercions de tout notre cœur, et nous nous empresserons de t’en tenir compte sur le prochain envoi que nous t’adresserons. Bien des choses de notre part à Antoine et Victor. Mille f[...] amitiés de celle de Curley et de sa femme, sans oublier M r . et M me . Charvin, ainsi que M r . son neveu, et M r . le Curé. .Tous nos gens d’ici et de la ville te présentent bien leurs respects. ://: à Monsieur Monsieur Niépce aîné, chez Monsieur Barrat ancien Hôtel de Boulogne, rue du Bacq n°. 42. faubourg S t . Germain, à Paris, .à Paris. 1. Adélaïde, seconde fille de François-Xavier-Georges d’Anthès de Blotzheim, ancien seigneur de Soulz et de Marie-Anne-Suzanne de Reuthner de Veyl, était née en 1777 ; elle mourra en 1843 à Nuits (J.D.B.C.). 2. Jean-Grégoire Mirlaud de Neuville, comte de Belle-Isle, maréchal de camp, et gouverneur des pages de Charles X (J.D.B.C. p. 41). Il venait d’être nommé au commandement de la place de Toulon (ALM.R. 1817). A ce titre il comptait, non pas parmi les gouverneurs des divisions militaires, comme le donne à penser Nicéphore, mais parmi les « lieutenans de roi des places de guerre et commandans de forts et postes ». 3. Près Nuits-Saint-Georges en Côte-d’Or. 4. Jusqu’en octobre, époque de la mort de « la pauvre Dodon », Nicéphore rendra souvent compte de son état de santé. Sans doute à leur service depuis longtemps, elle était « fort attachée » aux Niépce qui ne pourront « que la regretter beaucoup » (v. 276). Rien ne permet de savoir quelle était sa fonction exacte. 5. Michel Fleurot. 6. Nous ne savons qui elle était. On trouvait alors à Chalon un négociant, un charcutier et un propriétaire du nom de Berle (A.M.C. 3H1/2). 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie

RkJQdWJsaXNoZXIy NDY2MA==