Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 429 261 Lettre (M.N.N.) 1 Saint-Loup-de-Varennes, 8 août 1816. Nicéphore à Claude. .S t . Loup, le 8 août 1816. (.Jeudi.). .Mon cher ami, .Nous recevons à l’instant, ta lettre du 5 du courant 2 , à laquelle je suis bien aise de répondre de suite quoique le courier de Paris ne parte que samedi de très grand matin ; mais je ne saurais trop m’emprèsser de te témoigner combien je suis sensible aux choses aussi honnêtes qu’obligeantes que tu veux bien me dire, et que je ne mérite certainement pas. Je t’ai dit franchement mon opinion sur l’ingénieuse application que tu as faite de notre principe moteur ; je t’en ai félicité avec grand plaisir, parceque l’amitié qui nous lie nous rend en quelque sorte personnelles ces heureuses inspirations ; et plus je réfléchis sur ta découverte 3 , plus je trouve qu’elle réunit le mérite de l’à-propos à tous les avantages que nous pouvions desirer, cequi bien sûrement n’était pas chose aisée. .Nous sommes charmés, mon cher ami, que M r . de La Chabeaussiere t’ait présenté à M r . le baron Marchant 4 , correspondant de M.M. de Jouffroy. Il y aura de cette maniere entre eux et toi, un point de communication qui n’existait ( pas ) auparavant, et dont tu pourras tirer bon parti pour activer la mise à exécution des promesses qui nous ont été faites au nom de la société, promèsses qui n’ayant il est vrai, aucune garantie légale, n’en sont pas moins sacrées pour un homme d’honneur. Il n’est pas trop facile de parer la botte, et tu jugeras au premier apperçu, si par hazard on aurait l’intention de nous dégoûter par des lenteurs adroitement combinées et qui seraient le palliatif d’une mauvaise foi bien déci- dée. Dans ce cas, il faut tout prévoir, tu penseras peut être comme moi, mon cher ami, qu’il conviendrait d’exiger une réponse cathégorique 5 ; mais il ne faut rien préjuger, et nous devons attendre la réponse qui te sera faite : nous sommes je te l’avoue, extrêmement empressés de la connaître. Au reste quelle qu’elle soit, tu agiras comme tu le croiras conve- nable à nos intérèts, et tu ne feras valoir la nécessité de mon intervention, que pour te tirer d’embarras // .Je crois comme toi, mon cher ami, que l’observation de M r . de Morteuil 6 est très juste, quoique je n’aie pas la loi sous les yeux. La chose vaut bien la peine qu’on s’en occupe promptement ; car ce n’est peut être ( pas ) une des moindres objections que l’on pourrait mettre en avant, et dont il serait même possible qu’on tirât parti contre nous, si une concurrence jalouse pouvait inspirer le desir de nous nuire. Tu feras donc très bien de ne pas négliger de prendre à ce sujet des renseignemens auprès de M r . de La Chabeaussiere, qui est plus à même que personne de te dire de quelle maniere nous devons nous condui- re dans cette circonstance un peu délicate. Je crois, autant que je puis me le rapeller, que 1. Publ. in P.G.H.1. (p. 56). 2. Document inconnu. 3. V. 260n. 4. Le commissaire-ordonnateur Marchand. 5. Nous avons donné notre sentiment sur la question (v. 254n). 6. Philippe de Riollet, chevalier, seigneur de Morteuil (né en 1739). Page du Roi dans la Petite Ecurie, il avait ensuite servi en qualité de cornette au régiment de Grammont, puis Balincourt, et s’était marié en août 1769, avec Mademoiselle (Françoise in L.G.7) Perreney de Baleure, sa cousine germaine (L.C.D.B.). Leur fille (Etiennette in D.B.F., Marie in L.G.7), avait épousé Monsieur de Chardonnet, déjà cité. 261 1815 1824 1 8
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