Niépce correspondance et papiers
430 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS nous n’avons de brevet que pour la découverte du principe moteur, abstraction faite de toute espèce d’application ; et le silence que l’on a gardé là dessus, joint aux perfectionne- mens que tu as inventés et à d’autres considérations dictées par l’amour du bien public, serait une forte présomption en notre faveur, sous le gouvernement actuel. Il faut conve- nir que nous devrons nous estimer fort heureux s’il ne nous en coûte que 2[1.] francs. .J’ai écrit à Isidore, lundi 1 et je lui ai fait passer ledit jour à ton adrèsse, un groupe de deux cent francs par la diligence : ainsi, il recevra le tout aujourd’hui dans la soirée. Je suis bien fâché que cet envoi ait éprouvé du retard ; mais j’attendais la Berle qui ne m’a payé que samedi dernier après le départ du courrier. Nous sommes on ne peut plus reconnaissans, mon cher ami, des avances que tu as eu la bonté de faire à ton neveu. Nous te prions de bien vouloir te borner à en prendre note, attendu que si Isidore te remboursait cequ’il te doit, il ne lui resterait peut être rien. Quant à ses frères, nous avons lieu de craindre qu’ils n’abu- sent de tes dispositions trop généreuses à leur egard, et qu’il n’y ait un peu d’indiscrétion dans leur fait ; cequi deviendrait fort onéreux pour nous, et desagréable pour eux dans la suite, parcequ’ils faudrait bien finir par en rabattre. Pour te mettre là dessus plus à ton aise à leur égard, nous // desirerions donc, mon cher ami, s’il est vrai qu’ils soient dans de cas dont nous parlons, que tu eusses la complaisance de leur dire que tu ne pourras désormais, à moins que dans des circonstances urgentes, leur avancer de l’argent sans qu’ils nous en aient prévenus ou que tu nous en aies donné avis. De cette maniere ils deviendraient plus réservés, et te laisseraient probablement un peu plus tranquille. Nous serions bien fâchés qu’ils souffrissent ; mais si nous leur laissions contracter le goût de la dépense, nous serions obligés de faire beaucoup au delà deceque nous avons promis, cequi dans ce moment-ci sur- tout, serait fort audessus de nos forces. Reçois, mon cher ami, de nouveaux remercîmens de notre part, pour toutes les bontés que tu veux bien avoir pour eux. Ma femme surtout me charge de te témoigner combien elle en est pénétrée, et combien des procédés aussi obli- geans, aussi délicats ajoutent encore à son tendre attachement pour toi. Je partage les sen- timens qu’elle éprouve, avec autant de plaisir que j’en éprouve moi même à te les exprimer. Cette lettre, comme je te l’ai dit, partira samedi matin, et je t’enverrai sans faute par la dili- gence de dimanche, un groupe de deux-cent-cinquante francs ( franche de port. Pour te faire éprouver encore moins de retard, la dite somme partira par la diligence de samedi 10. du courant./. ) Nous ne pourrions pas dans ce moment, disposer d’une plus forte somme, sans nous exposer à une dépression presque totale ; mais voici les moissons, et nous serons peut être mieux payés. Quoiqu’il en soit, tu ne dois pas avoir d’inquiétude là dessus, mon cher ami ; car tu ne manqueras certainement pas d’argent. Le grand point est que les démarches dont tu as bien voulu te charger, aient un résultat digne de tes soins et de toutes les peines que tu te donnes : nous ne saurions trop t’en témoigner notre vive reconnaissance. Tu auras glorieusement atteint le but proposé, si tu parviens à faire adopter notre moteur par M.M. de Jouffroy, après l’expérience préliminaire que l’on exige, et dont tu sortiras je n’en doute pas, avec honneur, comme de la précédente : ce serait bien là, mon cher ami, un vrai coup de manchette parlementaire 2 : Dieu le veuille ! .On commence à moissonner à force ; car le tems est magnifique et les blés sont mûrs. Tout annonce que ça grainera bien, et les fermiers en convienent ; ainsi il faut le croire. On // a coupé hier et serré* ton blé du clos. Il y a 355 gerbes environ, et des gerbes de belle taille. 1. Le 5 août. Document inconnu. 2. Un argument de choc dans la discussion préalable à l’établissement du contrat. 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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