Niépce correspondance et papiers
432 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS .Nous comptons aller à Châlons après demain au soir ou dimanche matin, pour voir M me . de Sassenay qui part lundi pour Paris. Je suis bien décidé si le tems le permet, à me rendre delà à Chagny pour me procurer les renseignemens désirés, et choisir moi-même 1 l’echantillon que j’emporterai avec moi et que je déposerai chez le marbrier. Je ne veux pas differer plus longtems de m’acquitter de cette commission 2 . .As-tu vu, mon cher ami, Monseig r . l’evêque de Châlon 3 , ainsi que tu te le proposais, et compte-tu voir aussi M r . de Sassenay à l’Elisée-Bourbon 4 ? Tu lui ferais grand plaisir, et tu en ferais beaucoup à M me . de Sassenay qui de son côté, nous témoigne le plus vif intérèt. Voilà déja plusieurs fois que ma femme desirerait joindre deux mots pour toi, dans mes lettres ; mais je pense que cette bonne intention de sa part, te suffit, mon cher ami, et la justifiera pleinement à tes yeux ; parceque d’ailleurs elle partage de cœur, tous mes senti- mens pour toi. Reçois-en de nouveau l’assurance ainsi que nos embrassemens les plus affectueux. Nous embrassons bien tendrement Isidore // dont nous avons eu ce matin [...] ( des ) nouvelles par un garde du corps de la compagnie de Gramont, que nous n’avons pas vu parceque nous n’étions pas encore levés ; mais qui a parlé un instant à la femme de chambre. Nos amitiés, je te prie à Antoine et Victor. Les papiers publics font mention d’une promotion de sous-officiers de la garde royale au grade d’officier dans les légions. Si Antoine et son frere se trouvaient par hazard de ce nombre, comme ils seraient contens ! Multi sunt vocati... 5 Enfin c’est dans l’ordre des choses possibles. Adieu, mon cher ami ; il est enfin tems de terminer cette longue lettre. J’espère lorsqu’elle te parviendra , que tu auras pu obtenir une audience de M r . le Comte de Jouffroy. ://: J.N. Niépce 1. Avant de prendre la décision de se rendre à Chagny et d’y choisir lui-même l’échantillon attendu par M. de La Chabeaussière, Nicéphore y avait envoyé Baptiste en reconnaissance (v. 263). 2. Pour Monsieur de La Chabeaussière. 3. Monseigneur Du Chilleau. 4. L’Elysée était la résidence du duc de Berry depuis son mariage. Claude-Henry-Etienne Bernard, marquis de Sassenay (Sassenay se trouvant à 8 km au nord-est de Chalon), vicomte de Chalon-sur-Saône, baron du Tartre, seigneur de Perrey, Virey, Le Deffend, Saint-Aubin, Gamay et autres lieux, était né le 25 novem- bre 1769, à Dijon (en 1760 in D.B.F.) ; il mourra à Nice le 22 novembre 1840. Le 30 mars 1789, il avait été élu député de la noblesse du bailliage de Chalon à la Constituante. Réfractaire aux innovations, il s’y était vite senti mal à l’aise et avait donné sa démission dès le 10 novembre. Plus tard, retiré à l’étranger, il avait été déclaré émigré par arrêtés des 11 et 29 novembre 1792, et inscrit par le département de Saône-et-Loire sur la liste du 9 frimaire an II - 29 novembre 1793 (P.M.). En 1808, ayant été chargé d’une mission auprès du vice-roi de Rio de la Plata, il se préparait à regagner la France, lorsqu’il avait été arrêté par le gouverneur de Montevideo. Il y était resté « détenu pendant dix-huit mois et traité de la manière la plus cruelle, même jusqu’à être mis aux fers » (A.N. F 1C III 4). « Une audacieuse évasion lui rendit la liberté » (D.B.F.). Pour Montalivet, Monsieur de Sassenay était un homme « probe, instruit, zélé » (A.N. F 1C III 4) ; pour Navier au contraire, un « petit maître efféminé, sans caractère, sans instruction, homme de toilette » (C.B.N.). En cette année 1816, le marquis de Sassenay venait (LEM. t. I pp. 85-86) d’être nommé secrétaire des commande- ments de la duchesse de Berry (Louis Gallas, in L.G.7, s’est borné à dire qu’il était « attaché à la maison du duc de Berry »). C’est à ce titre que Claude pouvait espérer le trouver à l’Elysée. Les relations entre les deux familles n’étaient pas nouvelles. En 1745 déjà, le grand-père de Nicéphore figurait au terrier* du seigneur de Sassenay, en tant qu’exploitant d’une terre au finage* de Saint-Loup, « sous le cens emphiteotique por- tant lots et retenue et tous autres droits seigneuriaux et censaux, d’un douz e . de boisseau de froment et d’un vingt quatrieme de boisseau d’avoine mesure de Chalon, payable le jour St. Martin d’hiver en la tour de la vicomté appelée autrement tour de Marcilly » (A.N. 337 AP 32). En 1789, le Sieur Pellegrin, « receveur pour le seigneur vicomte », notait dans son « manuel sommaire » : « M. Claude Niepce receveur des consi- gnations a payé les échus jusqu’en 1778 » ; et plus loin : « J’ay reçu de Madame Niepce tous échus jusqu’au 11 novembre 1789 » (ibid.). 5. Beaucoup sont appelés… 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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