Niépce correspondance et papiers

440 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS indulgente amitié ; mais dans la circonstance particuliere où tu te trouves, mon interven- tion serait à coup sûr fort gênante si elle n’était p[i]s 1 entièrement inutile ; et le bien même de la chose exige que tu jouisses de l’indépendance la plus absolue. Tu peux donc, mon cher ami, te régler d’après ce principe, et tu n’auras à prendre conseil que de toi même dans l’opération importante dont tu veux bien te charger : les intérèts de notre gloire ne peuvent être placés en de meilleures mains. Quant à moi, j’augure déjà on ne peut pas mieux de tes succès futurs, sans y avoir contribué de mon côté, je les partagerai avec la satisfaction la plus vive comme la plus pure ; parcequ’ils me deviendront pour ainsi dire personnels par l’effet du tendre attachement qui nous unit. .Nous sommes allés dimanche dernier à Bey, chez M r . Poncet ainsi que je te l’ai mandé dans ma lettre du 22 2 . Nous avons été parfaitement reçus. Ma cousine 3 et son mari nous ont bien demandé de tes nouvelles ainsi que de celles d’Isidore. On a beaucoup parlé des bateaux à vapeur, surtout de notre machine. M r . Poncet m’a lu tout au long son plan sur la nouvelle organisation de l’armée. D’après // ce plan, le soldat au bout de 30 ans de servi- ce, aurait un sort assuré et tel qu’il n’en a jamais eu dans aucun tems, et dans une qua- rantaine d’années environ, le gouvernement se trouverait avoir à sa disposition 1400 mil- lions, somme egale aux contributions de guerre que nous devons payer aux alliés. Ce tra- vail qui repose sur des calculs évidens, est soumis dans ce moment à l’examen du conseil du ministre de la guerre, auquel on a adjoint quelques agens des finances parmi lesquels se trouve M r . de La Fontaine 4 qui a même ecrit à ce sujet une lettre très flatteuse à M r . Poncet. Tu peux, mon cher ami, te faire une idée de la satisfaction qu’il éprouve ; mais elle est mal- heureusement bien affaiblie par le chagrin que son fils 5 lui cause tant sous le rapport des opinions que sous celui de la conduite. Ce jeune homme livré à la crapule et à tous les excès du libertinage, est dans un état qui doit donner bien de l’inquiétude à sa famille ; car c’est pour la seconde fois qu’il passe aux grands remedes. Nous plaignons sincerement ses père et mère, et grace à Dieu, nous devons apprécier d’avantage tout notre bonheur./. M r . Gilet de Laumont 6 est très lié avec M r . le marquis de Jouffroy pour lequel il a fait sur les bateaux à vapeur, un rapport qui lui a assuré la priorité. Cette circonstance m’a engagé à demander pour lui une lettre que tu trouveras cy jointe 7 , et qui pourra, mon cher ami, nous être fort utile surtout s’il arrivait que nous eprouvassions quelques difficultés relativement à notre brevet./. Me trouvant depuis assez longtems comme l’oiseau sur la branche, je n’ai pu m’oc- cuper d’une maniere un peu suivie de mes expériences sur la lumiere : j’attends pour les reprendre, que je me sois acquitté de la commission de M r . de La Chabeaussiere. J’eprouve 1. P.G. Harmant a transcrit pas. 2. V. 263. 3. Précisément, Marthe-Barbe-Claude-Etienne-Josèphe était la fille d’une cousine germaine de Nicéphore, mais elle n’était que de huit ans plus jeune que lui. La baronne Poncet mourra le 25 décembre 1843, âgée de 70 ans (M.U. 26/01/1844 p. 153). A supposer qu’il n’y ait eu confusion de la part d’Armand-Calliat, on doit croire qu’elle portait le surnom de Rose (L.A.C.2 p. 32). C’est peut-être à elle qu’est dédiée « Epître sur la pudeur », l’un des seuls poèmes connus de Nicéphore (publ. in B.S.F.P. avril 1829 pp. 112-113). 4. Sans doute Delafontaine qui en 1818 sera payeur-général des dépenses diverses au Trésor royal (ALM.ADR.). 5. Louis-Antoine-Philibert, qui se mariera en 1821 à Pauline Leclerc de la Verpillière dont il n’aura que des filles (A.R.). 6. V. 191. 7. Document inconnu. 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie

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