Niépce correspondance et papiers

N IEPCE 441 pour la remplir, des difficultés et des lenteurs aux quelles je ne m’attendais pas ; parcequ’il ne suffit point de rencontrer un echantillon propre à remplir l’objet ; mais une carriere qui puisse fournir à un débit considérable. Au reste, M r de La Chabeaussiere peut se tran- quilliser là dessus, car je ne néglige aucun des moyens propres à obtenir un résultat satis- faisant, et tel qu’il peut le desirer. Je devais avoir aujourd’hui à ma disposition un bloc de la carriere de Chagny, qui comme je te l’ai mandé, m’aurait bien convenu ; mais le carrie- reur m’a ecrit que par ordre du // prefet il venait de lui être défendu de faire jusqu’à nou- vel ordre des excavations ; parceque la carriere se trouve adossée au canal. Tu jugeras par là de mon embarras, mon cher ami ; et ce motif sera mon excuse auprès de M r . de la Cha- beausssiere. Les autres carrieres voisines ne fournissent point d’échantillons convenables. Je m’en suis procuré un provenant d’une carriere près de Dracy 1 , et d’après cela, j’ai fait dégrossir sur les lieux une pierre que l’on doit apporter ici dans le courant de la semaine./. Depuis 8 ou dix jours la bise a pris et le tems est magnifique. On fauche actuellement les prés hauts. Cette opération pour ton pré du Mariage, doit être terminée, et nous allons ce soir à S t . Loup pour revenir ici samedi, afin de me debarasser enfin du poids de cette mal- heureuse pierre qui est bien pour moi la pierre d’achoppement ; mais j’en aurai mon cœur clair. Fais-moi le plaisir // de nous mander si tu es dans l’intention que l’on batte de suite tes blés. Ceque tu nous dis d’Isidore nous cause une bien douce satisfaction. Nous savons par voie sûre, que M me . de Sassenay lui a envoyé un billet d’invitation pour un bal qu’elle a dû donner à M lle . Clara 2 . Il faut comme dit le pere Fleurot 3 , profonder les choses ; car ce billet est déja par lui même une lettre de recommandation. Ton neveu n’aura certainement pas manqué de répondre à l’invitation. Embrasse le bien pour nous, mon cher ami, et reçois je te prie, mille tendres embrassemens de la part de ma femme et de la mienne. Ne nous oublie pas, si tu le veux bien, auprès d’Antoine et Victor : nous espérons que leur bou- derie 4 n’aura pas eu de suite. .Tous nos gens te présentent bien leurs respects. ://: J.N. Niépce [E.m. p. 2] .P.S. Mande-moi, je te prie, par quelle voie je pourrais envoyer la pierre, et s’il pourrait convenir à la Société d’Encouragement que je lui fisse[s] passer, pour plus de sûreté, deux echantillons au lieu d’un seul, afin qu’elle pût choisir : prompte réponse, je te prie./. 1. Dracy-le-Fort, à 7 km à l’ouest de Chalon. Nicéphore évoquait ici Le Villars, situé à environ 1 km au nord- nord-est de Dracy. 2. Clara, la fille de Madame de Sassenay, recevait évidemment des lecons d’art d’agrément, ce « luxe d’éduca- tion nécessaire aux femmes d’une certaine aisance, dont la vie ne serait, sans cela, qu’une fastidieuse oisi- veté » (ALPH.L.3). A cet égard, il est amusant de noter que le marquis s’approvisionnait en matériel à dessi- ner pour sa fille, chez Giroux (« Journal de ma dépense » ; A.N. AP 337 ) ; Giroux, chez qui Victor Fouque sera « employé en qualité de principal commis, de 1821 à 1824 » (v. S. 16) ; Giroux, dont nous reparlerons à pro- pos de Daguerre. 3. Le père de Michel et Baptiste. 4. Réaction aux dispositions prises par Nicéphore au début d’août (v. 261). 265 1815 1824 1 8

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