Niépce correspondance et papiers

N IEPCE 445 pour ton neveu ; le tout en un seul groupe de f. 400 à toi adressé, et qui te parviendra franc de port. J’ai recu de Clément un fort à compte sur le dernier terme de paiement de mes bois ; cequi nous est d’une grande ressource dans ce moment, vû la peine que l’on a à se faire payer des fermiers. Dans un mois d’ici, c’est à dire le 10 8 bre . prochain, nous touche- rons le dernier terme de paiement de nos vins 1 , et j’espère que d’ici là tes débiteurs ainsi que les miens finiront par s’exécuter. Puisque nous en sommes sur ce chapitre, je te dirai, mon cher ami, que Riollet s’est décidé à ne pas prendre l’auberge pour son fils, et ça ne m’a pas beaucoup surpris ; car je connais le pélerin. Nous avons fait prendre des informations plus exactes sur le compte du neveu de Rameau dont je t’ai parlé dans le tems, et d’après le bon rapport qui nous en a été fait ; sachant d’ailleurs qu’il entend très bien la partie, comme fils de maître, puisque son père est aubergiste à Valence, et qu’il connait un grand nombre de rouliers, de // trou-de diou surtout ; nous avons pensé qu’il était plus en état que personne de remonter ton auberge, et nous lui avons parlé à ce sujet. Nous attendons sa réponse au premier jour. Si cette démarche à le sort de la premiere, tu seras peut être d’avis comme moi, de faire afficher l’auberge. Tu voudras donc bien, mon cher ami, à tout évènement nous dire ceque tu en penses, afin d’éviter les lenteurs que ton silence là des- sus entrainerait nécessairement ; car il n’y a pas de tems à perdre. Nous savons que l’étour- di de Mazoyer, qui regrette déjà d’avoir pris la ferme de M r . Berthault-Vitte, conserve en- core l’espoir de rester au Gras, et qu’il tâche de dégoûter ceux qui se présentent pour le remplacer ; mais nous en avons prévenu le neveu de Rameau. Nous savons aussi que le dit Mazoyer. (.d’après cequi nous a été rapporté.). s’est défait de son bien de Lacoudre 2 ; qu’il y a fait battre son grain, et qu’il a une centaine de mesures de bled à vendre. Comme il ne s’exécute toujours point, nous avons cru que c’était une raison de plus pour en donner avis au charmant garçon 3 qui lui a écrit, et qui est très décidé à l’actionner s’il persiste à ne pas payer. Lorsque nous serons de retour à S t . Loup, je prendrai des informations sur ceque du me mandes, mon cher ami, relativement au battage de tes bleds. La Saône vient encore de déborder ; ( pour la 27 fois dit-on ) ./. Si elle entre dans les prés bas je crois qu’il sera impos- sible de les faucher avant la fin de l’automne, à // supposer même que nous ayions une forte sécheresse. On s’occupe dans ce moment à couper tes féves, et tout fait présumer qu’il y en aura en abondance. A l’égard de M r . Barrat, il me semble bien l’avoir payé à la fin de l’hiver ou au commencement du printems ; mais je m’assurerai de ça à S t . Loup, et je sau- rai à te dire positivement cequ’il en est. .Nous sommes très empressés de savoir, mon cher ami, si M r . de Jouffroy s’est occupé de la construction du bateau. Une fois qu’on aura mis la main à l’œuvre nous serons tran- quilles, et ce sera déja une bien bonne chose. On dit que ces Messieurs vont faire construi- re sur le Rhône trois diligences de 140 piés de longueur 4 ; et qu’ayant obtenu un privilège exclusif, la compagnie Pajol se trouve dépossédée ; mais ces nouvelles de chantiers me paraissent un peu suspectes. .Mon intention est bien de reprendre mes expériences sur l’action de la lumiere : cependant, si dans 15 jours d’ici mes recherches sont encore infructueuses, je les ajourne- rai pour quelque tems, et je m’occuperai du flotteur en question afin d’acquérir sur son 1. De Miette. 2. La Coudre. Hameau situé à environ 8 km de Saint-Loup au sud-ouest. 3. L’avoué Perrault. 4. Environ 45,50 m. 268 1815 1824 1 8

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