Niépce correspondance et papiers
448 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 269 Lettre (M.N.N.) 1 Saint-Loup-de-Varennes, 17 septembre 1816. Nicéphore à Claude. .S t . Loup, le 17. 7 bre . 1816. .Mon cher ami, .Nous attendions avec grand emprèssement de tes nouvelles, et c’est avec bien du plai- sir que nous avons appris par ta lettre du 13 2 , que tu t’es heureusement débarassé de ta fluxion. Ce mal fait cruellement souffrir : nous le savons ma femme et moi par expérien- ce ; aussi avons-nous pris toute la part possible à ton indisposition. Je dois, je crois, l’avan- tage de m’être préservé jusqu’ici de ce vilain mal, à l’usage de l’eau-de-vie camphrée : j’en mettais quelques gouttes dans de l’eau avec laquelle je me rinçais la bouche le matin. Nous te conseillons donc, mon cher ami, d’user de ce préservatif, et nous sommes persuadés que tu t’en trouveras fort bien. .Tu ne me dois aucun remercîment pour la somme que j’ai avancée ; je l’ai fait avec autant de plaisir que tu l’aurais fait toi-même dans en pareil cas ; et s’il manque d’argent dans un sac, pourvu qu’il s’en trouve dans l’autre on peut du moins faire face à tout, cequi est bien le point essenciel. D’ailleurs, mon cher ami, tu sais que nous n’avons tous là des- sus, qu’une même maniere de voir et de sentir. .Isidore nous avait mandé qu’il s’occupait à rédiger une pétition pour son frère ; mais nous sommes bien aises d’apprendre que Victor a été assez heureux pour la présenter lui même à Monseig r . le Comte d’Artois. Je crois qu’indépendamment des justes prétentions qu’il peut avoir, sa qualité de Niçois ne nuira pas à son affaire 3 . Nous desirons de tout notre cœur qu’elle ait le succès qu’il a lieu d’espérer. L’epée au côté et par là dessus la croix, ce serait déjà un assez joli commencement. // .J’ignore si M r . Channot, ingénieur de la Marine 4 , dont tu m’annonces le départ pour Châlon, y est déjà arrivé ; mais il ne s’est point encore présenté à la maison. Je te remercie 1. Publ. in P.G.H.1 (p. 73). 2. Inconnue. 3. Louis XVIII était le gendre de feu Victor-Amédée III. En 1790, c’est sous la protection de la couronne de Sardaigne (à laquelle appartenait encore le comté de Nice) que s’était mis le futur Charles X. 4. François Chanot, sous-ingénieur du Génie maritime (1788-1825). Entré 60 e à l’Ecole polytechnique (promo- tion de 1807), il en était sorti 18 e sur 140 en 1809. En novembre de la même année, il était entré 3 e à l’Ecole spéciale d’Application du Génie maritime de Brest. Envoyé à Anvers en août 1810, il y avait été admis élève dans le service de la construction des vaisseaux à la fin de l’année suivante,puis lieutenant en premier,com- mandant une compagnie d’ouvriers militaires de la marine. En 1812, ayant été muté à Gênes en tant que sous-ingénieur de 2 e classe, il y avait construit le brick de guerre le Sphinx, mis en chantier une frégate et « tracé » un vaisseau de 74 canons. Ayant demandé (et obtenu) à cette époque le commandement militaire du poste extérieur du chantier de Gênes pendant la présence des Anglais devant cette place, il avait été atteint d’une balle dans la tête en retardant la prise de la batterie Saint-Bernard qui protégeait ce chantier. En avril 1814, il avait été envoyé au port de Toulon, chargé de différents radoubs ; en mai 1815 il y com- mandait une compagnie d’ouvriers militaires. Enfin, le 1 er janvier 1816, il avait été licencié du service « sur le motif présumé d’opinions politiques contraires à la dinastie des Bourbons » et, le 5 mars, malgré plusieurs interventions en sa faveur, notamment celles du contre-amiral Duperré, du baron Sané, inspecteur-général du Génie maritime, de Laberthonye, maire de Toulon, il s’était vu signifier son admission à la retraite (S.H.M. CC 7 alphab. 445). Selon Fétis, « élevé dans les idées de gloire de l’Empire, il vit, comme presque tous les jeunes gens de cette époque qui suivaient la carrière des armes et de la marine, la Restauration avec de vifs regrets, et fit sur cet événement des couplets satiriques qui furent chantés publiquement, et dont une copie parvint jusqu’au ministère » (F.J.F.). Nous n’avons rien vérifié de tout ceci ; Chanot lui-même disait 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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