Niépce correspondance et papiers
452 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 270 Brouillon de lettre (M.N.N.) 1 Saint-Loup-de-Varennes, 17 septembre 1816. Nicéphore à M. de La Chabeaussière. .Monsieur, .J’ai l’honneur de vous prévenir que je viens de vous adresser par le roulage, une boîte contenant l’échantillon que vous m’avez fait demander de la part de la Société d’Encouragement. Cette ( La ) boîte, qui est déposée chez un commissionnaire de cette ville ( Châlon ) est vous sera expédiée par la premiere occasion ( voiture disponible ) , et vous par- viendra dans une douzaine de jours. ( A l’occasion du retard que cet envoi a éprouvé, ) vous me permettrez ( Monsieur, ) de vous faire observer pour ma justification, que si j’avais eu à opérer sur plusieurs echantillons à la fois, on aurait employé la scie, cequi eût singulierement abrégé le travail ; mais on a été forcé de se servir tour à tour du marteau et du ciseau ; et comme cette espèce de pierre est très-cassante, très écailleuse, le moindre coup donné à faux formait sur différens points de sa surface, des cavités qu’il fallait faire disparaitre. L’emploi du grès pouvait seul rémédier à cet inconvénient ; mais il a dû rendre nécessairement l’opération beaucoup plus longue. Vous concevez d’après cela, Monsieur, qu’il n’était guère possible de conserver rigoureusement ( scrupuleusement ) les dimensions prescrites : aussi l’echantillon n’a-t-il pas tout à fait un pié en carré. Quant à l’épaisseur, j’ai mieux aimé lui laisser quelques lignes de plus, parcequ’on sera toujours à même de la réduire à trois pouces et demi 2 , dans le cas où il paraitrait conve- nable d’enlever ces taches rougeâtres qui, // selon l’expression des marbriers, sont occasion- nées par un reste de délit*. Je suis d’autant plus porté ( disposé ) à le croire que la couleur de cette pierre éprouve rarement, sous ce rapport, une altération aussi considérable. Quoiqu’il en soit, je ne me suis point apperçu que cette différence de couleur en produisît une sensible dans l’action de l’acide nitrique ; et c’est-là je pense, le point essenciel. .J’ai fait pratiquer dans la boîte, une petite case où j’ai déposé trois échantillons numé- rotés sur le papier qui les enveloppe. Le n° 1. est un fragment du grand échantillon : j’ai pré- sumé, Monsieur, qu’il pourrait vous être utile si vous desirez le soumettre à des expériences comparatives. Le n° 2. vous paraitra sans doute, d’une qualité supérieure. Il eût été à sou- haiter que cette pierre se fût présentée en masses et en quantité suffisantes ; mais jusqu’ici, mes recherches à ce sujet ont eu un résultat bien peu satisfaisant. Les deux morceaux cottés n°.3. ont été pris dans une carrière d’Epiry, village peu éloigné de Couches sur la route de Châlon à Autun. On trouve dans la même carrière, une pierre à peu près pareille, de couleur noire et plus dure. Celle-ci sans avoir une égale dureté, étant susceptible d’un beau poli, et absorbant l’eau avec la plus grande facilité, pourrait servir utilement peut être, à certains pro- cédés lithographiques ; et c’est le motif qui m’a décidé à vous en adresser deux fragmens. .Je regrètte beaucoup, Monsieur, de n’avoir pu remplir d’une maniere plus conforme à vos desirs, la commission dont vous m’avez chargé ; mais // d’un côté, j’aurais voulu avoir des données un peu plus précises pour agir avec plus de latitude ; et de l’autre, j’ai éprouvé des contrariétés auxquelles je ne devais point m’attendre. Un ordre du préfet ayant défendu de faire de nouvelles excavations dans la carriere de Chagny, au moment où j’avais pris des mesures pour me procurer l’échantillon demandé, il m’a fallu chercher ailleurs une 1. Publ. in P.G.H.1. (p. 76). 2. Environ 9,47 cm. 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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