Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 453 pierre qui pût remplir le même objet. Il n’est pas rare d’en rencontrer sur toute la côte qui nous avoisine, mais sa densité, sa finèsse sont presque toujours en raison inverse de son épaisseur, et cette espèce de pierre est si mince que les gens de la montagne s’en servent sous le nom de lave pour couvrir leurs maisons. En second lieu, les carrieres n’y sont pas assez multipliées pour offrir dans les recherches une grande variété de résultats ; parceque la pierre dont il s’agit se délite trop aisément, et qu’elle est d’ailleurs trop difficile à tra- vailler, cequi en restreint singulierement l’emploi. .Je dois donc me féliciter, Monsieur, d’avoir trouvé de quoi me dédommager tant sous le rapport de la qualité que sous celui de la quantité du produit, du moins d’après l’opinion que j’ai de la bonté présumée de cette pierre. On l’a découverte à une très-petite distance d’un village apellé Levillard 1 , à une lieue et demie d’ici, sur la route d’Autun. Elle sort d’une excavation encore peu profonde d’où les paysans de l’endroit tirent de la lave pour leur usage. Le banc qui a fourni la dalle que j’ai fait préparer, est plus bas : il a environ quatre pouces et demi d’épaisseur, et doit s’étendre à une distance considérable. Tout porte à croire qu’en creusant d’avantage, on rencontrerait // dans la même direction, un autre banc encore plus épais. Voilà à quoi se réduisent les observations que le peu de profondeur et d’étendue de cette espèce de puits permettent de faire jusqu’à présent. La pierre est d’une extraction facile : son homogènéité ne m’a pas paru sensiblement altérée par l’inter- position de corps étrangers, et l’acide dans lequel on la plonge, ne détruit point le poli qu’on lui a donné ; propriété particuliere qui me semble d’un bon augure. Je trouve aussi qu’elle a beaucoup de rapport avec celle de Papenheim, qui est une pierre calcaire jaunâtre, argileuse et siliceuse, à cassure ecailleuse. .Si l’échantillon que j’envoie est jugé favorablement, et que mes faibles services puis- sent vous être encore de quelque utilité ; vous pouvez compter, Monsieur, sur mon emprès- sement à saisir une nouvelle occasion de vous exprimer toute ma gratitude pour les témoi- gnages d’intérêt que vous avez bien voulu nous accorder 2 . .Agréez, je vous prie, l’assurance de la considération distinguée avec laquelle j’ai l’honneur d’être, &c. .Châlon s. S. le 17. 7 bre . 1816. [N.s.m.] Brouillon de lettre, adressée par mon père, à M r . de La Chabeaussiere membre de la Société d’Encouragement. 17. 7 bre . 1816. 271 Lettre (M.N.N.) 3 Saint-Loup-de-Varennes, 23 septembre 1816. Nicéphore à Claude. .S t . Loup, le 23. 7 bre . 1816. .Mon cher ami, Nous avons eu le plaisir de recevoir presqu’en même tems, ta lettre du 18 et celle du 20 du courant, auxquelles je m’emprèsse de répondre. J’ai lu et relu l’article de la premie- 1. Le Villars. 2. M. de La Chabeaussière ayant présenté à Claude le marquis de Jouffroy (v. 253). 3. Publ. in P.G.H.1. (p. 79). 270 1815 1824 1 8
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