Niépce correspondance et papiers
454 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS re concernant la proposition ou plutôt le conseil amical de M r . de La Chabeaussiere. Si la démarche qui en est l’objet, ne peut comme je le présume, nuire à nos intérèts ; si d’un autre côté, en nous liant définitivement à la Société 1 , elle doit la mieux disposer encore envers nous ; et si enfin la promèsse que nous ferons à ces Messieurs de n’employer que conjointement avec eux, notre procédé pour la navigation, ajoute à la confiance que nous leur avons inspirée, et établit une garantie morale également rassurante de part et d’autre : je pense, mon cher ami, que l’avis qui t’est donné est fort bon à suivre, et que le plus tôt sera le meilleur ; puisqu’il n’est pas question pour nous de mise de fonds, et que si l’expé- rience projettée constate la supériorité de notre principe moteur sur les pompes à feu, nous pourrions avoir moitié des bénéfices. Quant à notre association à l’entreprise pour un 20 me . jusqu’à l’exécution de l’essai dont il s’agit, serait-ce pour un 20 me . de la dépense générale, ou seulement de celle qui se fait à Paris ? Au reste cette question est assez indifférente puisque nous ne serions pas tenus de mettre la main à la poche, condition bien importan- te dans ces tems-ci surtout. Tu peux donc, mon cher ami, agir là dessus comme pour tout le reste, avec la plus grande latitude : nous nous en rapportons parfaitement à la détermi- nation que tu prendras parcequ’en agissant d’après tes lumieres et tes sages inspirations, elle ne saurait être que très conforme à nos intérèts. Tu sais d’ailleurs, que notre confian- ce en toi est sans bornes, et que tu as comme on dit, carte blanche. Résumons nous : tu // pourras si tu le juges à propos, conférer de nouveau à ce sujet avec Monsieur de La Chabeaussiere, et ensuite tu feras part de la proposition convenue à M.M. de Jouffroy avec lesquels tu stipuleras en ton nom et au mien, de la maniere qui te paraitra la plus avanta- geuse. Nous espérons, mon cher ami, que cette démarche confiée à tes soins, aura tout le succès desiré, et nous en attendons le résultat avec la plus vive impatience. Qui sait si l’avis qui t’a été donné par M r . de La Chabeaussiere ne lui aura pas été suggéré par ces Messsieurs ? Ils ont bien je crois, autant d’intérèt que nous à la chose, et je t’avoue que je n’en serais point étonné. .Je te remercie bien des observations contenues dans ta lettre du 20 sur le dit Channot. Il parait d’après ses procédés que c’est un intriguant pour ne rien dire de plus ; car après avoir trompé la confiance de M.M. de Jouffroy, il se proposait ancore d’abuser de la nôtre. Il m’a tout l’air d’un escroc, et j’en ai ainsi que toi, mon cher ami, la plus mauvaise idée ; mais je veillerai au grain. S’il se présente ici il n’aura plus envie d’y revenir, par ceque bien certainement il en sortira avec un pié de nez : tu peux compter là dessus 2 . Il est fort heu- reux qu’il ne soit pas parti plus tôt ; car il eut été difficile de ne pas tomber dans le piège. Je crois comme toi, que la présence de cet individu à Châlon, doit exciter notre méfiance et nous rendre très circonspects non seulement sur tout cequi à rapport à nos travaux actuels, mais encore sur les autres objets dont nous nous sommes occupés ; aussi suis-je bien du même avis que toi relativement à la construction en grand de notre flotteur 3 , dans le cas où l’expérience que je me propose de faire, justifierait les justes espérances que nous avons conçues. Je prendrai même quant à celle-ci, les plus sages précautions, cequi me sera d’autant moins difficile que je me préserverai de toute espèce de relation avec le dit sieur Channot. Notre séjour habituel à la campagne sera déja un assez bon préservatif. Tu me 1. La Société d’Encouragement. 2. Quelques jours plus tard, Nicéphore l’accueillera froidement à Saint-Loup, mais finalement se déclarera « très content de lui » et le jugera « honnête » (v. 274). 3. V. 273. 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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