Niépce correspondance et papiers

N IEPCE 455 fais, mon // cher ami, sur le nouvel essai du flotteur, des observations bien justes et bien importantes auxquelles je me conformerai certainement lorsque je m’occuperai de la construction de cet appareil, cequi aura lieu à notre prochain retour à la ville. J’espère que tu auras reçu ma lettre du 17 1 . Les détails que tu veux bien me promettre sur les amélio- rations que tu as faites à ton ingénieuse application de notre moteur, me feront le plus grand plaisir, et je suis fort empressé de les connaitre. Si l’on peut produire une grande flamme sans consommer beaucoup d’huile de p., ceque tu sais bien mieux que moi, ton pro- cédé je le répète, mon cher ami, quelque bonne opinion que tu veuilles bien concevoir d’une idée rebattue que j’ai mise en avant 2 , me parait très préférable par cequ’il est infini- ment plus simple, et que sous le rapport de l’économie, il offrirait de très-grands avantages. L’autre procédé au contraire n’en présenterait que du côté de la consommation ; car il fau- drait deux corps de pompe et deux pistons, machines d’une construction assez difficile, et qui ont l’inconvénient de se déranger assez souvent 3 . Mais il est toujours bon de se com- muniquer ses idées et de bien réfléchir comme tu le dis, sur le moyen d’agir sur l’eau. Une chose à laquelle tu auras songé ainsi que moi, et dont il serait peut être bon de s’assurer, mon cher ami, serait de savoir si la force d’inertie d’une longue colonne d’eau qui recevrait l’effort de l’air dilaté, n’augmenterait pas de beaucoup la résistance qu’on peut trouver dans ce liquide. Il parait que dans le bélier hydraulique, la longueur de la colonne passive rend la chose beaucoup plus considérable. Si ton appareil n’est pas trop court tu pourrais peut être t’en rendre raison en ajoutant au réservoir du bateau un long tuyau dont l’orifi- ce opposé se trouverait à la proue qui alors serait censée être la poupe. Au reste, mon cher ami, cette idée n’est comme l’autre qu’une pure réminiscence, qui peut être bonne ou mau- vaise, et que tu apprécieras pour ce qu’elle vaut. // .La caisse contenant la pierre est partie de Châlon mardi dernier 17. du courant, et elle arrivera je pense à Paris le 28 ou le 29. Tu voudras bien en donner avis à M r . de La Chabeaussiere. M r . de Lacuisine 4 a demandé deux milliers* de ta paille après le battage il en offre 8 sous et demi du fagot ; mais on prétend qu’elle ira bien à dix. Je te prie de nous dire ton avis là dessus pour que nous puissions lui rendre réponse. Reçois, mon cher ami, nos empressés remercimens pour la somme que tu as eu la bonté d’avancer à Victor : nous en sommes on ne peut plus reconnaissans. Je compte t’annoncer dans ma pochaine lettre, l’envoi d’un groupe* d’argent tel qu’il nous sera possible de le faire dans la circonstance actuel ; mais qui pourra toujours suffire à tes besoins du moment : fluent acquae 5 . Reçois en attendant, mon cher ami, les embrassemens les plus tendres de la part de ma femme et de la mienne. ://: J.N. Niépce [E.m. p. 1] .P.S. Nos embrassemens au cher Isidore qui s’occupera sans doute bientôt de ses préparatifs de voyage. Nos amitiés à ses frères. Mille choses honnêtes de la part de 1. V. 269. 2. V. 267. 3. Le peu d’éléments dont on dispose ne permettent pas de dire en quoi consistait le détail de « l’autre pro- cédé » envisagé. 4. Sans doute Jean-Baptiste Delacuisine, riche propriétaire chalonnais. Né en 1770, marié, père de deux enfants, il habitait rue aux Fevres (A.M.C. 3H1/2). 5. Lire fluent aquae : les eaux ruissellent. 271 1815 1824 1 8

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