Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 461 assez fortement car la soupape ne se soulevoit pas et surement elle est assez grande ce qui prouve que lair netoit pas suffisamment comprimé. // N a Je regrette beaucoup mon cher ami de n’avoir pas le tems de te donner le plan du nouveau moyen de communiquer la marche au bateau ; j’ai fait plusieurs tentatives à ce sujet depuis que j’ai eu le plaisir de te parler du moyen de trouver un point d’appui à la sur- face de l’eau comme le plus facile, dans la navigation des rivieres surtout, ou leau est sou- vent très basse et ou par consequent la résitance qu’on cherche à se procurer dans la hau- teur des colonnes d’eau d devient souvent trop peu considérable même avec des tuyaux 1 comme ceux de notre procédé. C’est cette difficulté qui m’a engagé (ainsi que j’ai eu le plai- sir mon cher ami de te le mander) à chercher un point d’appui à la surface de l’eau, et je crois avoir eu le bonheur de reussir ; au moins lexperience que j’ai faite en petit m’a demon- tré qu’un flotteur ou un corps d’une pesanteur specifique moindre que celle de leau tend en remontant à la surface a se porter en avant sil trouve un obstacle dans son ascension et avec un re[cul] en arriere qui n’est point en rapport avec la force qu’il produit en avant parce qu’on a la faculte d’agir sur se flotteur par un levier et que par consequent il ne peut pro- duire au bout du levier qui le retient une effort egal a celui qu’il a au point d’appui qui est la colonne d’eau qui lui repond directement. Supposons que [c]e flotteur qui etoit plein d’eau et plongé à une certain profondeur, devienne tout à coup plein d’air, par notre proce- dé 2 , il selevera de suite avec une force égale au volume d’eau deplacée moins le poids de l’ap- pareil qui renferme lair, ◊ si lon [em]peche par le moyen dun levier fixé à se flotteur de mon- ter perpendiculairement il sera forcé de se porter en sens contraire de la resistence qu’on lui oppose, et communiquera sa force d’ascension a la surface qui sopposera à son mouvement ; ainsi si cette surface est le plan incliné dont javais eu le plaisir de te parler ; le flotteur en glissant sur le plan lui communiquera moitié de sa force à 45 degrés et chassera le bateau en avant et directement selon sa quille. Le procédé, est surement [bien] simple ◊ la seule objec- tion qu’on pourroit faire, pour un tiran d’eau peu considerable seroit que le flotteur ne pou- vant pas semfoncer beaucoup sous leau il n’agiroit pas assez longtens contre le plan incliné et ne communiqueroit pas une force aussi prolongée que dans une plus grande profondeur, ◊ je crois mon cher ami avoir trouvé le moyen d’avoir une hauteur des colonnes d’eau à volonté, en suivant le procédé que nous voulions employer dans les usines ; c’est à dire d’une baye 3 ou grande caisse remplie d’eau à la hauteur jugée necessaire, et dune dimension telle que le flotteur puisse avoir la solidité convenable pour faire marcher le bateau. Cette experience a cependant besoin d’être repetée parce que je nai pas un appareil ad hoc, bien facile et comme cette idée ne m’est venue que depuis quelques jours seule- ment ; je n’ai pas encore pû m’en rendre parfaitement raison ; mais je crois d’après le peu que j’en ai vû que leffet aura lieu comme lorsque la caisse ou est le flotteur communique par son fond à leau de la riviere ; qui dans touts les cas seroit toujours une très bonne application de la force et demontré par lexperience ◊ Il me tarde de me rendre raison de la seconde et si j’ai le bonheur de reussir, j’aurai mon cher ami le plaisir de ten faire part et de la soumettre a ton avis ; par le moyen dun plan et de lexplication 4 ; si le procedé reus- 1. Tuyères. 2. L’idée consistait à utiliser le souffle de l’explosion du pyréolophore, pour chasser l’eau contenue dans la baille. 3. Lire baille *. 4. Plans et explications seront adressés à Nicéphore le 23 novembre (v. 281) ; malheureusement ils ne nous sont pas parvenus. 273 1815 1824 1 8
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