Niépce correspondance et papiers

N IEPCE 465 275 Lettre (M.N.N.) 1 Saint-Loup-de-Varennes, 8 octobre 1816. Nicéphore à Claude. .S t . Loup, le 8 octobre 1816. .Mon cher ami, .J’aurais répondu plus tôt à ta lettre du 2 2 si je n’avais voulu te donner des nouvelles de ton neveu que nous attendions au premier jour, et qui est arrivé dimanche matin 3 par la diligence. Il a fait, grace à Dieu, un très bon voyage : il ne s’est plus ressenti de sa fièvre et se porte maintenant on ne peut pas mieux. Il avait besoin de repos et surtout de som- meil ; aussi en prend-il tout à son aise : quant à l’appétit, je n’en parle pas, mais tu peux t’en faire une idée. Nous voilà bien tranquilles et bien contents : il manque cependant une chose essencielle à notre satisfaction ; c’est mon cher ami, de pouvoir en te possédant au milieu de nous, ajouter un nouveau charme au plaisir que nous ressentons. La nature des circonstances nous prive pour le moment, de cette douce consolation : tâchons de nous dédommager en partie, si c’est possible, par l’espoir d’un avenir peu éloigné qui, je l’espè- re, comblera tous nos vœux. Cequi nous inspire la plus grande confiance c’est que tu vas avoir beaucoup d’omption 4 sur cet avenir-là .Je suis bien aise de savoir que la caisse est arrivée à bon port à sa destination 5 . Ce n’est qu’à ton excessive indulgence, mon cher ami, que je dois les choses trop flatteuses que tu veux bien me dire au sujet de ma notice. J’ai fait en sorte de remplacer du côté de la clar- té et de la précision, mon manque absolu de connaissances en minéralogie. Le point essen- ciel est que la pierre soit trouvée de bonne qualité : je le desire particulièrement pour M r . de La Chabeaussiere que je m’estimerais heureux d’avoir pu obliger. .Enfin, le bateau est sur le chantier, et on y travaille avec activité. Voilà une excellen- te nouvelle que nous attendions depuis longtems avec une impatience mêlée d’inquiétude. Juge d’après cela de l’agréable sensation qu’elle nous a fait éprouver. Dans l’état actuel de nos relations avec M.M. de Jouffroy, tu ne pouvais rien m’annoncer, mon cher ami, qui pût me causer autant de joie. Comme tu devais aller à Bercy le 3, tu auras été à même de consta- ter la vérité du fait 6 , et bien certainement tu n’auras pu te défendre d’une secrette émotion en contemplant cette plus vaste arène où tu vas seul, balancer les destins de Rome et de Carthage. Le gant est jetté et il n’y a plus moyen de reculer ; mais tu combats pour une trop bonne cause, et tu as d’ailleurs de ton côté, des avantages de plus d’un genre qui doivent nécessairement t’assurer les honneurs du triomphe. Ceci est moins un pressentiment que l’effet d’une conviction intime de ma part. // .J’ai lu et relu avec le plus vif intérèt, avec le plus grand plaisir, mon ami, le mémoire descriptif que tu as bien voulu remettre pour moi à Isidore 7 ; mais en même tems je suis au désespoir du surcroît de peine que ce travail a dû te donner dans un moment surtout où tu étais occupé d’expériences aussi curieuses qu’elles paraissent devoir être importantes. 1. Publ. in P.G.H.1. (p. 86). Fouque ne l’avait reproduite qu’incomplètement (V.F. p. 54). 2. Inconnue. 3. L’avant-veille, le 6 octobre. 4. Apparemment influence (v. 254n). 5. La caisse contenant les échantillons de pierre destinés à M. de La Chabeaussière. 6. V. 274n. 7. V. 273. 275 1815 1824 1 8

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