Niépce correspondance et papiers

de nouveau jusqu’ici, concernant ta nomination à la place de maire. Dans le cas ou Boucaud ne serait pas continué, il parait que l’adjoint Lacour pourrait bien exercer par interim. Au reste il est bon d’attendre le retour du sous préfet qui se trouve absent depuis environ 3 semaines, mais qui doit arriver à cequ’on nous a dit, dans la huitaine. Je pense que tu feras très bien de lui écrire le plus tôt possible une lettre de remercîmens, dans laquelle tu ne manqueras pas de lui annoncer que la nature de tes occupations te retenant forcément à Paris, tu ne peux savoir quand tu retourneras en Bourgogne, ni combien de tems tu y séjourneras par suite des dispositions ultérieures que tu pourras être dans le cas de prendre. Il ne serait peut être pas trop maladroit de lui insinuer en même tems, mon cher ami, que cette considération pourrait te faire regretter d’avoir consenti à accepter des fonctions qui seraient incompatibles avec le genre de travail dont tu te trouverais chargé : &c. &c. Tu ne peux certainement pas douter du plaisir que j’aurais à t’obliger ; mais j’ai comme toi une extrème répugnance pour ces sortes d’emplois, et nous sommes apellés, grace à Dieu, à faire quelque chose qui nous convienne mieux de toute maniere. Je ne serais pas fort étonné que d’après ta réponse on prît le parti de nommer quelqu’un à ta place, et dans ce cas je crois que le petit Chantemidi serait assez du goût de ceux qui ont provoqué ta nomination. Dans le cas contraire, comme il est à présumer que nous pourrons quitter au moins pour quelque tems, la banlieue de Châlon, les fonctions municipales ne te paraitront pas plus embarrassantes que pour tant d’autres maires qui habitent comme toi la capitale. J’espère donc, mon cher ami, que d’une manière ou de l’autre, tout s’arran- gera pour ta plus grande satisfaction : je le desire de tout mon cœur, et je m’estimerais heu- reux de pouvoir y contribuer. Si j’apprends quelque chose de nouveau à ce sujet, je m’em- prèsserai de t’en faire part. .J’apprends, ou pour mieux dire nous apprenons avec le plus grand plaisir que le bateau d’essai s’avance, et qu’il parait devoir répondre par la légèreté de sa construction comme par // l’élégance de sa forme à l’excellence du moteur et de son application. J’appréhende maintenant qu’il ne soit trop tôt terminé 1 , c’est à dire avant que tu te sois rendu parfaitement raison de ton nouveau procédé ; car alors tu pourrais être pris au dépourvu ; mais il est vrai que dans ce cas tu aurais la ressource de faire travailler d’abord au grand cylindre 2 . Il faut espérer, mon cher ami, que tu n’en seras pas réduit-là. Cequi nous rassure beaucoup à cet égard, c’est l’avant dernier article de ta lettre du 18, par lequel tu nous annonces que tu as bon espoir de pouvoir te dispenser de communiquer avec l’eau extérieure. Si c’est ainsi, l’affaire est dans le sac, et cette découverte me parai- trait aussi importante et bien plus curieuse, bien plus étonnante encore que notre prin- cipe moteur ; parce qu’elle pourrait être soumise à des applications indépendantes même de cette force motrice 3 . Nous desirons donc bien ardemment que tes dernieres tentatives soient couronnées du plus heureux succès : cette excellente nouvelle nous comblerait de joie. Hos successus alit, possunt quia posse videntur 4 . Il faut convenir que jusqu’ici, grace à Dieu, les idées excentriques ne nous ont pas trop mal réussi, cequi est d’un bon augure pour l’avenir. 1. A cet égard, Nicéphore pouvait être sans crainte. 2. Celui où se produisait l’explosion. 3. On l’a vu,pour Nicéphore (qui ne comprenait pas davantage que nous l’idée de Claude) le procédé en ques- tion semblait tenir de la magie (v. 275). 4. Le succès les entretient. Ils peuvent parce qu’ils paraissent pouvoir. 468 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie

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