Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 469 276 1815 1824 .Je suis très reconnaissant, mon cher ami, et je te remercie bien de la démarche que tu as pris la peine de faire auprès de M r . le Secretaire général de la Société d’Encou- ragement 1 . Je suis également on ne peut pas plus sensible à ceque tu me dis de trop obli- geant au sujet de cette très honorée pierre. Je souhaite que l’examen qu’elle doit subir, jus- tifie pleinement la bonne opinion qu’on en a conçu. Le fait est que la chose a bien peu de mérite en elle même, et que j’en ai été récompensé de la maniere la plus flatteuse par la réception de deux lettres que tu as eu la bonté de m’adresser, surtout celle de M r . de La Chabeaussiere, qui m’a fait le plus grand plaisir. Je te prie, mon cher ami, de vou- loir bien être auprès de lui l’interprète de tous les sentimens qu’il a sçu t’inspirer et que je partage dans toute leur plénitude. Il a eu la complaisance de stipuler qu’il nous fût remis quelques épreuves lytographiques faites sur la pierre en question, et je m’empresse de lui exprimer ici ma gratitude pour une attention aussi délicate de sa part, comme pour l’inté- rèt particulier qu’il daigne prendre au[x] succès de notre entreprise. .La pauvre Dodon n’a pu résister longtems à l’excès des maux qui l’accablaient. Sa position était devenue si fâcheuse, si cruelle qu’il était à desirer pour elle qu’elle fût enfin debarassée du fardeau de la vie. Nous ne pouvons que la regretter beaucoup, car elle // nous était fort attachée. Elle nous en a donné la preuve jusque dans ses derniers momens. Il parait d’après cequ’elle a dit à ma femme, qu’elle n’a pas voulu que l’on nous inquiétât pour le remboursement du capital qui lui est dû. Nous verrons comment sa sœur, qui est son héritiere, se comportera à notre égard. Nous avons fait là une perte qui doit nous être d’autant plus sensible que nous ne pourrons jamais la réparer. .Toutes les terres que tu fais cultiver à ton compte, mon cher ami, sont ensemencées depuis plus de 8 jours, et on a eu, Dieu merci, pour cette opération un tems magnifique. Elle a été bien soignée, et comme l’engrais n’a pas manqué surtout, il faut espérer que tu auras l’an prochain de superbes récoltes si la saison est favorable. Les semailles sont presque ter- minées partout. Elles ont été retardées par les turquis* qu’il a bien fallu se décider à arra- cher parcequ’il n’était plus possible qu’ils atteignissent le degré de maturité convenable. Cette récolte a été assez abondante, mais il y a un nombre considérable d’épis dont le grain est à peine formé et que l’on sera obligé de donner au bétail. J’ai oublié dans le tems de te parler du chanvre. On en a très peu recueilli et généralement il n’en valait guère la peine, car il s’est trouvé de la plus mauvaise qualité. Quant aux pommes de terre, inappréciable bienfait de la providence, elles vont offrir par leur produit plus riche qu’on n’osait l’espérer, le supplément le plus utile à la médiocrité des autres récoltes 2 . On a dû commencer de ven- danger à Jambles jeudi passé. Au dire des vignerons il y aura encore moins de vin que l’an- née derniere, et le fait est que par suite de la mauvaise saison, on n’en fera même pas autant qu’on le prétendait. Les pluies, la grèle ont influé sur la quantité : les fortes gelées blanches que nous avons eues pendant quelques jours nuiront selon toute apparence à la qualité. Au reste il faut voir ; mais ce qu’il y a de certain c’est que quelque médiocres que puissent être les vins, ils se vendront toujours à un très haut prix. On ne vendange point encore ici, mais ça ne tardera pas. Je m’empresserai de te donner à ce sujet, mon cher ami, lorsqu’il en sera tems tous les détails que tu pourras desirer. Je pense que tu seras d’avis de faire commencer le battage aussitôt après les semailles : nous attendons ta réponse à ce sujet. Tu te rapelles 1. Le comte Charles-Philibert de Lasteyrie (1759-1849). 2. Parmentier n’était mort que trois ans auparavant. Rappelons qu’il assista à la séance de l’Académie des Sciences au cours de laquelle Carnot fit son rapport sur le pyréolophore (v. 192).
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