Niépce correspondance et papiers
sans doute, ceque je t’ai mandé à l’égard des prés bas. Le faible espoir qu’on avait conçu s’est évanoui : l’herbe est presque entièrement pourrie 1 . La difficulté de la couper, de la faire sécher et surtout de la transporter à raison des mauvais chemins, rendrait // la main d’œuvre si chère que nous avons cru consulter ton intérèt en nous abstenant de hazarder cette opération. Heureusement que tu as une quantité de foin plus que suffisante pour la consommation de l’année. Quelques jours après la livraison du taureau, la Brune a mis bas et lui a donné un successeur. Tu voudras bien nous mander, mon cher ami, quelles sont tes vues sur ce nouveau né, et s’il doit être destiné à jouer un rôle aussi bruyant que son père 2 . Je te dirai qu’Antoine le maçon nous a priés instamment de te demander si tu voudrais bien consentir à lui amodier un peu de prés et 4 journaux* 3 de terre de celles que tu fais cultiver pour ton compte. Il te paierait bien et tu lui rendrais un grand service, attendu qu’il a de la famille et qu’il manque d’ouvrage. Il est humain et même prudent de prévenir les tristes effets de la misère qui s’annonce avec des symptômes assez inquiétans pour l’hiver, plus encore dans les villes que dans les campagnes 4 . Je suis donc bien convaincu d’après cela, mon cher ami, que tu feras là dessus, tout cequi pourra dépendre de toi, et nous nous confor- merons scrupuleusement à la détermination que tu croiras devoir prendre concernant la demande du dit Antoine. Si l’on a soin de prévenir les accaparemens 5 , la disette ne se fera certainement pas sentir dans notre arrondissement. D’un autre côté l’espoir fondé d’une excellente récolte pour l’année prochaine, doit contribuer beaucoup à rassurer certains esprits disposés à accueillir les propos allarmans répandus par la malveillance. .La circonstance de la mort de la pauvre Dodon, puis une invitation de la part de M me . de Morteuil, et ensuite un repas que nous lui avons rendu, sont autant d’obstacles qui ne m’ont pas permis d’aller, comme je me l’étais proposé, à la ville pour faire construire l’appareil sur l’inflammation de l’huile de p. dans un vase clos 6 ; et j’ai même été privé par là, mon cher ami, du plaisir de repondre un courier plus tôt, à tes deux dernieres lettres : mais voici la Toussaint ; nous irons certainement passer quelques jours à Châlon, et je compte bien n’en pas revenir sans emporter avec moi l’appareil en question. Reçois, en attendant, mon cher ami, les embrassemens les plus tendres et les plus affectueux tant de la part de ma femme que de celle de ton neveu et de la mienne. ://: J.N. Niépce .P.S. .Reçois, mon cher ami, mille témoignages d’amitié de la part de toutes les per- sonnes de ta connaissance. Tous nos gens te présentent leurs respects, et je ne dois pas craindre d’être ici l’interprète des Pyrame et Ténor./. [E.m. p. 1] .P.S. 26. 8 bre . Nous recevons à l’instant, mon cher ami, ta très-excellente lettre du 23, qui nous cause une joie extrême et à laquelle je propose bien d’avoir le plaisir 1. La Saône avait vraisemblablement fini par inonder les prés bas ; ce que craignait Nicéphore (v. 268). 2. On se souvient que son prédécesseur semait la terreur (v. 274). 3. Un hectare trente six ares. 4. Due principalement à la crise de 1816-1817, cette misère allait prendre des proportions telles que Nicéphore dénombrera « dans ce pauvre Saint-Loup 60 familles réduites à la mendicité » (v. 308). 5. Et/ou les réquisitions ? L’occupation autrichienne ne prendra fin qu’en 1818.Le traité de Paris (20 novembre 1815) l’avait fixée à trois ans minimum. Cette armée de 150.000 hommes était entretenue aux frais de la France. 6. Suite à la demande de Claude (v. 275). 470 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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