Niépce correspondance et papiers
280 Lettre (M.N.N.) 1 Chalon-sur-Saône, 19 novembre 1816. Nicéphore à Claude. .Châlon sur Saône, le 19. 9 bre . 1816 (.Mardi.). .Mon cher ami, .Nous avons eu hier, le plaisir de recevoir ta lettre du 15 2 , qui nous a causé une bien douce satisfaction en nous apprenant qu’il t’est bien démontré maintenant que l’on peut se procurer un point d’appui dans le bateau même, sans aucune communication avec l’eau extérieure ; cequi rend ce procédé déjà si beau par sa nature, infiniment important par les applications aussi curieuses qu’utiles dont tu le juges susceptible. C’est donc ici le cas de te faire, mon cher ami, une nouvelle application des éloges flatteurs qui te sont si juste- ment dûs. Il parait que ma lettre du 10 3 ne t’était point encore parvenue au moment où ta dernière est partie ; mais j’espère que tu l’auras reçue de même que celle des premiers jours du mois 4 , qui fut mise à la poste il y a eu hier 15 jours. A peine arrivée ici ma femme a pris un gros rhume de cerveau et un mal de gorge qui l’ont retenue à la chambre jusqu’à présent, et ce n’est qu’hier seulement qu’elle a fait sa premiere sortie. Il était décidé que j’y passerais aussi à mon tour ; mais mon rhume de cerveau ayant été accompagné d’un peu de fièvre, n’a pas été grace à Dieu, de longue durée ; cependant la confection de mon appareil pour l’inflammation en vase clos, de l’huile de p… a éprouvé quelques retards, et je n’ai pu avoir le dit appareil qu’avant hier soir. Je te dirai, mon cher ami, que l’expé- rience que j’ai faite et répétée plusieurs fois, ne m’a offert jusqu’ici aucun résultat satis- faisant. L’huile de p. s’est bien réduite en vapeur, mais je n’ai pas pu parvenir à l’enflam- mer. J’attribue ce manque de succès à deux causes : la premiere au réchaud, qui ne pou- vait contenir assez de charbon pour donner au tuyau conique le degré de chaleur neces- saire ; la seconde à l’huile de p. qui s’est trouvée de si mauvaise qualité que projettée sur une pêle rouge cerise, elle n’a pu s’y enflammer, tandis que l’huile de térébenthine s’y est // enflammée de suite. Je me procurerai donc de nouvelle huile de p. et je viens de com- mander un réchaud carré qui portera deux échancrures pour recevoir le tuyau, et qui sera semblable au tien d’après ceque m’a dit Isidore. Je vois que pour obtenir un effet sûr il faut que le tuyau soit très rouge ; car si le rouge devient seulement un peu obscur, l’in- flammation n’a plus lieu. Je te remercie bien, mon cher ami, de la bonté que tu as de me prévenir des dangers auxquels l’expérience dont il s’agit, pourrait m’exposer. Je crois en effet, que si l’on serrait trop fort le bouchon destiné à fermer le réservoir, le tuyau pour- rait fort bien s’ouvrir, et l’explosion se faisant dans le réchaud, on courrait grand risque de recevoir les charbons à la figure ; mais je me tiendrai sur mes gardes. Lorsque j’aurai le réchaud, nous partirons pour S t . Loup où je serai beaucoup plus tranquille et où je me propose bien de faire une suite d’expériences tant sur l’inflammation de l’huile de p. que sur celle de différentes substances liquides ou concrettes. J’espère obtenir d’heureux résultats, et je m’empresserai, mon cher ami, de t’en donner connaisance ; mais je ne crois pas qu’on puisse avoir là dessus la plus légere inquiétude, surtout d’après ton merveilleux 1. Publ. in P.G.H.1. (p. 101). Fouque n’en avait cité que trois phrases (V.F. p. 61). 2. Inconnue. 3. V. 279. 4. Celle du 3 novembre (v. 277). 478 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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