Niépce correspondance et papiers
492 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS ser la même quantité d’eau que refoulerait le grand piston carré, il faudrait 48. piés cubes 1 d’air, et le grand cylindre devrait en contenir pour le moins le double, cequi occasionnerait nécessairement une consommation de combustible beaucoup plus considérable sans pro- duire peut être un effet aussi rapide. En réflechissant à la manière d’enflammer l’huile de p. j’ai pensé que l’on pourrait également y parvenir en combinant directement ce liquide avec l’air. Il s’agirait pour cela que le volume d’air qui doit remplir la capacité du soufflet 2 , traversât pendant l’aspiration, des rondelles de drap toujours saturées d’huile de p., et disposées l’une au dessus de l’autre, dans un cylindre chauffé au bain-marie. Le vase qui renfermerait le soufflet ou la pompe communiquerait avec le reservoir de compression ou grand cylindre, et l’inflammation aurait lieu d’après ton procédé. Tu te rappelles, mon cher ami, que nous avons fait à Nice des expériences assez satisfaisantes là dessus; je ne propose donc d’y revenir que dans le cas où l’huile de p. injectée en substance dans l’intérieur du cône rougi, ne produirait pas une flamme aussi vive, aussi volumineuse que lorsqu’elle est injectée sous forme gazeuse 3 . .L’expérience dont je t’ai parlé et que je devais faire avec le petit bateau, avait pour objet de m’assurer si des rames munies d’un flotteur sphérique au lieu de pelle, trouve- raient plus d’appui dans l’eau des rames ordinaires. Le résultat que j’ai obtenu me l’a démontré ; mais il n’y a point eu de mouvement progressif de la part du bateau, parceque probablement l’action de la force motrice était transmise de manière à produire une réac- tion en sens contraire ; ce qui devait produire ( occasionner ) le repos comme tu sais que nous l’avons éprouvé souvent en agissant sur l’air avec des espèces de rames 4 . Cependant la grande résistance que l’on trouve dans l’eau me porte à croire que l’on pourrait tirer un bon parti de cette application, si on la soumettait à de nouveaux essais ; et à l’aide d’une nouvelle disposition de ces rames dont j’ai à peine eu le tems de m’occuper et qui me parait avoir beaucoup d’analogie avec ton principe, je suis même parvenu à faire marcher le petit bateau, ainsi que ton cher neveu l’a observé. Il pourra te donner à ce sujet, mon cher ami, les éclaircissemens dont tu auras besoin, en attendant qu’un succès plus complet me pro- cure le plaisir de m’entretenir là dessus avec toi, d’une maniere plus détaillée./. .Du 15. X bre . 1816. Dimanche. .Nous venons de recevoir, mon cher ami, ta lettre du 11 5 qui en contenait une pour M r . Alexandre, que nous nous sommes empressés de lui remettre. Il est extrêmement sen- sible à l’intérêt que tu veux bien lui témoigner relativement à la démarche qui le concerne 6 et dont il attend les plus heureux résultats. Il me prie de le rapeller à ton souvenir et d’être auprès de toi de même qu’auprès de M r . de La Chabeaussière, l’interprète de sa reconnais- sance. Il parait d’après ceque tu nous dit, que M.M. de Jouffroy se sont trompés dans la dimension de leur chaudière, ce qui pourra bien différer encore de quelque tems la mise en 1. Environ 1560 cm 3 . 2. Le soufflet chargé de l’injection du combustible. 3. Ces « expériences assez satisfaisantes », faites par les Niépce à Nice, portaient-elles bien sur l’inflammation de l’huile de pétrole ? L’ambiguïté de la phrase laisse un doute à ce sujet. Dans cette hypothèse, rappelons qu’elles furent nécessairement étrangères (antérieures peut-être) à leur projet de moteur. De fait, on l’a vu, « l’idée heureuse » de faire fonctionner l’engin à l’huile de pétrole, était venue à Claude à la fin du mois de mai 1816 (v. 253). 4. En « agissant sur l’air avec des espèces de rames », les Niépce cherchaient à concevoir une hélice. 5. Lettre inconnue. 6. V. 279. 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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