Niépce correspondance et papiers

496 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS .Quelque détermination que M.M. de Jouffroy prénnent désormais à notre égard, nous ne pouvons rien faire de mieux que de suivre l’avis de M r . de La Chabeaussiere en présentant notre découverte ainsi que notre modèle à Monseig r . le Duc d’Angoulême. Tout ceque tu ajoutes à ce sujet, mon cher ami, est si sage, si bien pensé que nous y souscrivons d’esprit et de cœur. Un motif aussi louable est bien propre à stimuler notre zèle, et je ne doute point d’après cela qu’avant la fin de l’hiver, nous ne soyons en mesure de procéder à l’expérience en grand. .Les choses extrêmement obligeantes et flatteuses que tu veux bien nous dire de ton cher neveu, nous pénétrent d’attendrissement. Ce n’est pas qu’il n’y ait rien que de très naturel dans sa conduite à ton égard, mon cher ami ; car tu lui as prodigué tant de témoi- gnages d’attachement qu’il est [...] simple qu’il te paie aussi de retour ; mais on voit que c’est le cœur qui parle, et cette disposition de sa part fait que notre tendre affection pour lui s’accroit de toute celle qu’il a pour toi. Nous pouvons l’avancer sans croire nous faire illusion : Isidore est aussi bon neveu que bon fils, bon frère et bon ami. La providence nous a traités sous ce rapport, mieux que beaucoup d’autres qui le méritaient peut être plus que nous de toute maniere : nous ne saurions donc trop lui en rendre graces et apprécier l’in- signe faveur qu’elle a daigné nous accorder. .Ma femme avait mal au pié, mais la voilà guérie Dieu merci, et j’espère qu’elle pourra sortir au premier jour. Nous sommes restés ici à cause des fêtes : il était également à propos que nous y fussions pour recevoir les fermages échus, et pour achever de payer les contri- butions. De // mon côté je comptais toucher quelque argent de Darier, et par malheur je vois que je ne le tiens pas encore. Nous espérons retourner au Gras les premiers jours de la semaine prochaine : nous ferons mettre le vin en bouteilles et ma femme procédera à la confection des confitures qui doivent escorter le panier en question. Ce double envoi pourra t’être agréable, et nous serons trop heureux de saisir cette occasion je ne dis pas de t’obliger, mais de te faire plaisir./. Roch 1 m’a dit hier que tu lui avais promis les terres que tu devais retirer cette année à Duparet 2 : je te prie de me mander quelle est ton intention à cet égard. Tout le monde veut avoir des terres, et cependant on sait bien qu’il n’y a de disponibles que le champ du Loy et le clos. Adieu, mon cher ami : reçois nos embrassemens les plus affec- tueux, et à raison du nouvel an qui va commencer, l’assurance plus particuliere des tendres sentimens que nous t’avons voués ma femme et moi pour la vie. ://: J.N. Niépce .Nous sommes on ne peut plus sensibles à l’attention que tu as eue d’aller à la ren- contre d’Isidore. J’aurai le plaisir de lui répondre lorsqu’il sera de retour à Paris : embrasse- le bien pour nous je te prie, mon cher ami, et ne nous oublie pas non plus auprès de ses frères./. [E.m. p. 1] .P.S. Si tu vois M.M. de Morteuil et de La Chabeaussiere, dis-leur si tu le veux bien, les choses les plus honnêtes de notre part. Madame de Varenne, Mad e . de Morteuil &c me chargent de les rappeller à ton souvenir. Nos gens te présentent bien // 1. Roch (ou Rhoc) était cultivateur et éleveur (v. 287). Un certain Antoine Rhoc, analphabète, vivait à Saint- Loup-de-Varennes en 1789 (v. 32). 2. Duparet, cultivateur, était « au service » de Claude (v. 290). Un certain Bénigne Duparet, lui aussi analpha- bète, vivait à Saint-Loup-de-Varennes en 1789 (v. 32). 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie

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