Niépce correspondance et papiers
500 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS pénice 1 pourra être rendue ici. Nous verrons alors cequi nous paraitra plus conforme à nos intérèts ; et dans le fait, si nous pouvions compter sur la loyauté de ces Messieurs, il faut convenir qu’il serait plus économique pour nous et plus agréable peut être sous certains rap- ports, de faire travailler ici qu’à Paris : mais n’auraient-ils pas leurs vues en cherchant à nous éloigner de la capitale ? Si M r . le Comte de Jouffroy et M r . de La Chabeaussiere vien- nent à Châlon, qui surveillera donc les constructions de Bercy ? Et puis le projet qu’ils avaient de faire hommage de leur pénice à Madame Duchesse d’Angoulême, il n’en serait donc plus // question ? Tout ça me parait bien en l’air. Nous te félicitons beaucoup, mon cher ami, de la maniere laconique et un peu sèche dont tu as répondu à M r . le Comte : il aura pu juger par là que nous ne nous laissons pas duper impunément. Toute réflexion faite et conformement à notre plus grand avantage, il nous convient je pense, de nous tenir sur nos gardes et d’attendre les événemens. Dans le cas, cependant, où ces deux Messieurs se dis- poseraient à venir ici, je serais bien aise de le savoir, et je te prierai, mon cher ami, d’avoir la bonté de nous en donner avis, afin que je puisse me concerter avec toi sur la nature des relations qui ne manqueraient pas de s’établir entre eux et nous. .Nous sommes charmés d’apprendre que les nouvelles expériences que tu as faites avec le même appareil, te confirment de plus en plus dans l’excellente opinion que tu as de ton ingénieux procédé. C’est une chose de la plus grande importance, et il est par consé- quent bien à desirer qu’en réduisant, comme tu le dis, ton appareil à sa plus simple expres- sion, tu puisses obtenir la solution complette du problême que tu t’es proposé; mais il fau- drait peut être pour cela que tu operasses plus en grand, et il suffirait alors de placer la bâche* sur des rouleaux bien cylindriques ; car les expériences trop en petit ne présentent en général que des résultats peu satisfaisans, ainsi que dans d’autres circonstances j’ai été à portée de l’éprouver moi même. Au reste, mon cher ami, je n’ai pas de conseil à te don- ner là dessus : tu sais mieux que moi de quelle maniere tu dois t’y prendre, et je ne fais ici que préssentir tes propres intentions à cet égard. .J’ai acheté à Châlon une portion de canon de fusil de munition du côté de la culasse, et j’ai reconnu, Dieu merci, comme c’était assez présumable, qu’avec la même quantité de feu un tuyau plus épais enflammait beaucoup mieux l’huile de p. 2 , mais mon réchaud n’ayant pas les bords assez élevés, ne contient pas assez de charbon pour rougir suffisam- ment le fer, cequi cependant est bien essenciel : je serai donc obligé d’y faire ajouter une allonge. Il résuterait de mes dernieres expériences que l’on ne peut obtenir une inflamma- tion sûre qu’autant que l’huile en substance touche la partie rouge, et qu’elle se trouve sous cette forme vaporisée et combinée avec l’air du soufflet. Lorsqu’au contraire elle arrive sous forme gazeuse à la partie rouge du tuyau, l’inflammation a lieu spontanément dans le tuyau ou dans le soufflet, mais partiellement, et même le plus souvent il ne s’échappe de l’orifice opposé au soufflet, qu’une fumée extrêmement épaisse qui ne s’enflamme point à la lumiere d’une chandelle, et qui sous ce rapport, a beaucoup de ressemblance avec celle de la résine qu’on projette sur des charbons ardens. J’ai fixé au bout d’une broche de fer, un petit morceau de coton imprégné d’huile de p. que j’ai introduit dans la partie du tube la plus rapprochée du foyer, et chaque fois que je retirais la broche le coton s’enflammait. Je vais faire de nouveaux essais d’après cette donnée, et j’espère bien obtenir par là un mode d’inflammation tel que nous pouvons le desirer. Ce procédé serait, comme il te parai- 1. V. 282n. 2. Nicéphore le pressentait début décembre (v. 282). 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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