Niépce correspondance et papiers
502 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS [E.m. p. 2] qui s’est bien conduit. Il est très sensible à ce témoignage particulier de ta satisfaction ; et quant aux autres ganaches*, c’est un coup de manche de fouet par ricochet qui les mettra au pas. Il faut que justice se fasse tôt ou tard, et celle la est assurément bien douce. Si tu as occasion de voir Antoine et Victor, nous te prirons, mon cher ami, de leur dire mille choses amicales de notre part. M r . et M me . Charvin, M.M. Farge père et fils qui sont ici, et Mr. le curé me chargent de te réitérer l’assurance de leurs sentimens. Tous nos // [E.m. p. 3] gens d’ici comme de la ville te présentent bien leurs respects./. .Nous ne devons point oublier les hôtes de la basse cour, parmi lesquels Pyrame et Tenor tiennent sans contredit le premier rang. .Lorsque le printems approchera, je prierai Isidore de nous procurer de bons pépins de bonnet-turc* 1 et de giraumon* de Damas à prendre chez Tripet père, dont je lui indi- querai l’adrèsse. Celui qui t’a vendu les pépins que tu as pris la peine de nous // [E.m. p. 4] envoyer, mon cher cher ami, est de bien mauvaise foi : ces pépins ont pro- duit des courges qui n’ont aucun rapport avec le giraumon, et qui sont tout bonnement des courges des champs, à en juger par la forme, par la couleur de l’écorce et surtout par le goût. Si tu revois par hazard cet estimable botanicien, comme dit Baptiste, tu pourras lui faire tes remercimens. Adieu, mon cher ami ! 288 Lettre (M.N.N.) 2 Chalon-sur-Saône, 23 et 24 janvier 1817. Nicéphore à Claude. .Châlon sur Saône, le 23 janvier 1817. .Mon cher ami, .Tu as vu par ma lettre du 13 3 que je me proposais de faire de nouveaux essais sur l’in- flammation de l’huile de p. d’après le dernier procédé que j’avais employé et qui me parais- sait devoir mériter la préference ; mais je ne dois pas te le laisser ignorer, mon cher ami ; cette derniere tentative bien loin d’être satisfaisante, m’a convaincu de la grande difficulté pour ne pas dire de l’impossibilité d’obtenir des éffets réguliers et constans à l’aide de ce mode d’inflammation. J’ai toujours reconnu, soit avec l’huile de p. soit avec celle de thé- réb e . qu’une légère différence de temperature dans le tuyau rougi ou le contact d’une quan- tité d’huile un peu trop considérable, quoique cependant, bien inférieure à celle qu’il fau- drait employer pour produire une flamme suffisante : j’ai toujours reconnu dis-je, que ces deux causes nuisaient plus ou moins au succès de l’inflammation, et même la détruisaient entierement. J’ai aussi remarqué que, lorsque l’inflammation avait lieu, les premières et plus petites portions seulement d’huile en nature et de gaz s’enflammaient, tandis que le reste, ainsi que je l’avais déja observé souvent, était converti en une vapeur épaisse et très- abondante que ni la chaleur rouge du tuyau, ni même la flamme d’une chandelle ne pou- 1. La chair en est compacte, très fine et fort savoureuse. Avec les magnifiques spécimens provenant du Potager du Roi,à Versailles,l’Ecole Nationale Supérieure d’Horticulture cédait,il y a quelques années encore, d’utiles recettes sur l’art de le préparer. 2. Publ. in P.G.H.1. (p. 123). 3. V. 287. 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
RkJQdWJsaXNoZXIy NDY2MA==