Niépce correspondance et papiers

512 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS ployai l’alcool après avoir enveloppé l’orifice surbaissé, d’un morceau de toile de coton des- tiné à faire une mèche circulaire plus propre à enflammer le combustible dont elle devait être imprégnée. Je plaçai le tuyau comme au paravant 1 , et l’alcool s’enflamma en détonant comme le lycopode. Comme je n’avais point de soupape pour remplacer l’office de la langue, et que cette maniere d’opérer aurait pu présenter des dangers avec l’huile de p., j’ai fait faire un tuyau coudé en fer blanc de 4 lignes 2 de diamètre extérieur dont la branche la plus courte par laquelle l’inflammation est produite, a un pié de longueur, et dont la branche la plus longue par la quelle on souffle, a deux piés 3 . Ce tuyau est coudé a angle droit. L’orifice de la plus courte branche est très déprimé de même que dans le tuyau de la précédente expérience 4 , et je l’ai également garni d’une mèche circulaire. Si l’on met assez d’huile de p. pour garnir le tuyau et intercepter le passage de l’air, et qu’on ait soin en même tems, de tenir la branche la plus courte à peu près verticale pour que le jet traverse le cône enflammé de la mèche dans sa longueur, on obtient un effet sûr. La flamme, vû la petite quantité d’huile employée est énorme ; elle est vive, instantanée, et détonne comme le lycopode. J’ai remplacé la mèche circulaire par deux petites mèches latérales que j’ai réduites à une seule, et l’inflammation a pareillement réussi. Je crois d’après cela qu’il faut nous en tenir à l’emploi de l’huile de p., qui comme tu le dis fort bien, mon cher ami, mérite à tous egards la préférence. Les résultats que je viens d’obtenir ont ranimé mon courage et m’ont pleinement satisfait. Je suis persuadé // qu’ils seront de nature à t’intéresser, et je desire beaucoup qu’ils puissent mériter ton approbation. Tu ne seras peut être pas fâché de les soumettre à l’examen, en répétant mes expériences sur un procédé dont tu m’as donné la premiere idée, et qui me semble avoir résolu de la maniere la plus péremptoire le problême si important pour nous, de l’inflammation de l’huile de p. .Tu voudras bien, mon cher ami, embrasser pour nous Isidore et lui dire que nous venons de recevoir sa lettre du 2 du courant 5 , à laquelle je répondrai dans un autre moment. Je présume que ma derniere lui sera parvenue lundi passé. Sa maman est extrê- mement sensible au desir qu’il a de s’acquitter de la commission dont elle l’avait chargé ; mais elle le prie de n’en rien faire attendu qu’elle a assez de collerettes pour le moment, et que d’ailleurs elles commencent à passer de mode ; ainsi cette espèce de nipes lui devien- drait entierement inutile. Il nous marque que tu as eu la bonté de lui remettre un pot de confitures et le fromage de cochon. Nous sommes aussi reconnaissans que lui, mon cher ami, de cette attention bien veillante de ta part, et nous nous empressons de t’en remer- cier ; mais nous voyons avec regrèt que tu as un peu trop rogné ta portion. J’oubliais de te dire que M r . Serre a dû écrire hier à Bourg pour les renseignemens à prendre relativement à la mine d’asphalte 6 au sujet de laquelle je lui ai adressé une petite note 7 . .Duparay est désolé de ceque tu lui retires tes terres 8 . Il dit qu’il ne s’attendait point à cela, et que ce serait avec le plus grand regret qu’il cesserait d’être à ton service. Je lui ai 1. Sur sa langue. 2. Soit environ 0,9 cm. 3. Près de 65 cm. 4. Ainsi qu’une anche de hautbois. 5. Inconnue. 6. La mine du Parc (v. 288). 7. Document inconnu. 8. On a vu que Claude les lui avait retirées au profit de Roch (v. 287). 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie

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