Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 517 ta part, dont nous ne saurions trop te rendre graces ; car nous sentons vivement combien il doit être désagréable pour toi de revenir si souvent et si inutilement à la charge. Pourvu que M r . de La Chabeaussiere ne se laisse pas enpaumer* ! C’est là tout ceque je crains ; mais il paraît que c’est un honnête homme, et c’est cequi nous rassure. On a tant de raison de se défier de ceux du siècle, et ils sont malheureusement en si grand nombre, que l’on serait presque tenté de croire qu’il n’y en a plus d’autres. Je pense, mon cher ami, sauf ton avis, que passé ce mois-ci nous ferons bien de prendre un parti décisif relativement à la mise en acti- vité de notre entreprise ; et qu’en conséquence il sera bon de nous trouver en mesure avant cette epoque, sur les moyens d’exécution que nous croirons devoir employer de préférence, dans le cas où le résultat de tes hardies et brillantes tentatives ne serait pas couronné d’un heureux succès. Je te suggère ici une idée qui te sera certainement venue à l’esprit avant moi, et tu me répondras : uno avulso non deficit alter 1 . Je crois autant que je puis me le rapeller que tu m’as dit, mon cher ami, dans une de tes lettres 2 qu’un flotteur pareil à celui dont tu te sers dans la bâche*, imprimait un mouvement progressif lorsqu’il était placé hors du bateau ; et qu’on obtenait le même effet avec le plan incliné dont tu m’avais envoyé le dessin par M r . Channote lorsqu’on opérait d’après ton igénieux procédé. On pourrait probablement tirer grand parti de ces données que tu as négligées pour quelque chose de bien supérieur il est vrai, mais dont la démonstration me parait hérissée de difficultés presque insurmontables. Si, pour imprimer un mouvement progressif au bateau, le flotteur en question doit se trouver au dessous du tirant d’eau, son effet deviendrait nul dans une eau courante, par cequ’il se trou- verait entrainé par la vitesse du courant ; mais s’il peut mouvoir le bateau sans descendre plus bas que la ligne d’eau, il me semble, mon cher ami, que ce moteur offrirait un moyen d’ap- plication extrêmement ingénieux et qui pourrait être très avantageux si la force directe qu’il procure n’est pas // trop inférieure à sa force ascensionnelle. Il est vrai que dans les rivieres le tirant d’eau étant peu considérable, la capacité du flotteur se trouverait singulierement réduite à raison surtout de la forme qu’il affecte ; mais on pourrait parer à cet inconvénient en multipliant au besoin le nombre des flotteurs. Pardonne si je me permets de revenir ainsi sur tes propres idées : tu vois qu’il s’agit ici de faire l’inventaire de nos ressources méca- niques, et je ne devais pas oublier les meilleures pièces du sac. .Je t’avais mandé dans ma derniere lettre, mon cher ami, que je devais répéter avec un tuyau coudé de 6 lignes de diamètre, mes expériences sur l’inflammation de l’huile de p ; expériences au sujet desquelles tu veux bien me dire des choses trop flatteuses et que je ne mérite point ; car ceque j’ai fait de mon côté est si simple, si peu important que ça ne vaut guère la peine d’en parler. Je comptais dis-je m’occuper de cet objet, mais j’ai fait différens essais avec des flotteurs en liège pour obtenir un mouvement progressif ; j’ai varié les com- binaisons afin de me soustraire si c’était possible, à cette malheureuse inertie produite par la réaction, et jusqu’ici mes tentatives ont été absolument inutiles ; cependant mes flot- teurs n’agissaient point comme le tien en dedans du bateau. Il est très sûr que l’on réussi- rait si l’on pouvait parvenir à détruire la réaction ; mais hoc opus hic labor est 3 . Tu as à cet égard, mon cher ami, dans la forme même de ton flotteur un avantage [...] 4 je ne pouvais avoir, et qui tend à justifier tes espérances. Comme j’ai un appareil de ce g[...] 5 je vais le 1. Littéralement : l’un [des moyens dont nous disposions] ayant été arraché, l’autre ne fait pas défaut. 2. Celle du 8 octobre 1816 (v. 275). 3. V. 247n. 4. Déchirure : que. 5. Ibid. : genre. 292 1815 1824 1 8
RkJQdWJsaXNoZXIy NDY2MA==