Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 519 la bonté de nous expédier ; et tu seras bien aise de savoir qu’il nous a été remis en bon état et duement conditionné. Rien, grace à Dieu, n’a été endommagé, cequi aurait été fort désa- gréable pour le livre surtout, ouvrage précieux de toute maniere, et que je me fais une fête de lire à tête reposée, par ceque son objet, comme tu l’observes très bien, nous intéresse par- ticulièrement 1 . Reçois donc à cette occasion, mon cher ami, mille empressés remercimens tant de la part de ma femme que de la mienne. A l’égard des graines commissionnées par mon cousin S t . Victor ; des pépins de giraumon de Damas, de bonnets turcs, et des patates d’Amérique ; nous espérons que tu auras bien voulu t’en occuper, et que le botanicien Fleurot 2 n’aura pas été fort en peine de se procurer ces différens articles. Ils arriveront au grand contentement du thouin de S t . Loup 3 auquel ils donnent du tintouin. Nous tiendrons la main* à ceque ce beau zèle ne s’évapore pas en fumée, et tu peux compter surtout que nous veillerons au grain 4 ; car autrement la vergétation 5 pourrait bien s’en trouver mal. .Nous sommes charmés, mon cher ami, que tu te trouves bien d’avoir renouvellé connaissance avec le jus bourguignon : nous devons donc d’après cela, regretter beaucop d’avoir tant tardé de t’en envoyer. Tu ne dois pas t’en faire faute, et lorsque ta petite pro- vision touchera à sa fin, nous te prions de nous en prévenir afin que nous puissions t’en expédier de suite une nouvelle. Ceque tu as la bonté de me dire // à ce sujet tant de ta part que de celle de M r . de La Chabeaussiere, est trop au dessus du mérite de la chose ; mais enfin si ce faible cadeau exprime mal notre reconnaissance, il parait avoir fait plaisir, et c’est là le point essenciel. N’oublie pas je te prie, lorsque tu auras occasion de revoir M r . de La Chabeaussiere, de nous rapeller à son obligeant souvenir, et d’être auprès de lui l’interprète de nos sentimens. J’ai vu dans une de nos dernieres gazettes, que l’on a décou- vert à 30 lieues 6 de Paris, une carriere de pierres propres à la lythographie 7 . Si le fait est vrai il est à présumer que M r . de La Chabeaussiere en aura connaissance : je serais bien aise de le savoir. Je ne le suis pas moins, mon cher ami de la réponse qui t’a été faite par M r . de Senainville 8 , relativement à notre brevet. Je crois t’avoir mandé que, vû la difficulté des tems, il conviendrait peut être que nous ne renouvellassions notre brevet qu’après l’ex- périence en grand que nous nous proposons de faire : j’attends là dessus ta décision. Peut être que si notre découverte est, comme je l’espère, bien accueillie des princes, nous pour- rions à raison du motif qui nous a empêchés de la faire valoir 9 , obtenir d’eux une dispense ou une prolongation de brevet ; et c’est encore là pour nous, un motif de plus de nous empresser de la leur présenter. D’après ceque tu nous ( as ) annoncé dans le tems, sur tes intentions à cet égard, nous pensons, mon cher ami, que l’époque de cette importante démarche ne peut être maintenant bien éloignée, et qu’elle aura nécessairement lieu avant la fin du mois, terme auquel le service d’Isidore expire. Il nous mande dans sa lettre du 3 10 , que notre intention étant qu’il assiste à la présentation, il sera obligé de faire faire un nou- 1. Nous ignorons de quel ouvrage il s’agissait. 2. Michel. 3. Baptiste, ainsi surnommé par allusion au célèbre botaniste André Thouin (1747-1823). 4. Souligné parce que c’était le cas de le dire. 5. Vergétation faisait évidemment partie du vocabulaire de Baptiste. 6. Soit environ 117 km. 7. V. 294. 8. Guillard-Senainville. L’ Almanach des 25.000 adresses 1818 le mentionne comme agent général de la Société d’Encouragement, secrétaire du Comité consultatif des Arts et Manufactures. 9. V. 296n. 10. Inconnue. 293 1815 1824 1 8
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