Niépce correspondance et papiers
520 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS vel uniforme et un pantalon neuf 1 . Il croit que cette circonstance pourra me déterminer à aller à Paris. Je le desirerais certainement beauco ( u ) p ; et si je ne consultais que ma satisfac- tion personnelle et mon agrément, je me sentirais très disposé à réaliser un projet qui me pro- curerait le plaisir de t’embrasser ainsi que ton cher neveu ; mais dans notre position actuelle il n’y a qu’un motif indispensable d’utilité qui pût, mon cher ami, me décider à augmenter la somme de nos dépenses. // Les tems sont trop durs, et il faut par surcroît donner chaque jour d’avantage aux pauvres dont le nombre augmente chaque jour d’une maniere vraiment inquiétante. Il faut convenir qu’une misère aussi générale dans un pays tel que le nôtre sur- tout, est quelque chose d’assez extraordinaire. Pour en revenir à notre objet, nous préférons donc qu’Isidore, vû la circonstance se fasse faire l’uniforme en question, si toutefois cet arrangement s’accorde avec tes projets ; et dans tout état de cause nous te laissons, mon cher ami, parfaitement libre d’agir là dessus comme bon te semblera. Nous te prierons seulement de vouloir bien demander de notre part à ton cher neveu, s’il a besoin d’argent, et à quoi pourra monter cette nouvelle dépense ; car il ne doit rien nous cacher à cet egard, ni attendre qu’il soit au dépourvu. Puisqu’il n’aime pas le service, et que comme beaucoup de ses cama- rades il a l’intention de se retirer, je présume que tu seras ainsi que nous d’avis qu’il le fasse plus tôt que plus tard, c’est à dire après le délai que tu avais fixé. Son entretien au corps est extrêmement coûteux, et dans une année comme celle ci il excéderoit de beaucoup nos facul- tés. Isidore a fait son devoir : il serait prêt à le faire encore si malheureusement le cas l’exi- geait. Son intention n’est certainement pas d’être comme la plupart de nos jeunes chalonnais que leur sotte nullité entraine partout sans pourtant les mener à rien : nous pourrons, je l’es- père, l’occuper agréablement et utilement. Embrasse-le bien pour nous, mon cher ami, et fais- lui part, je te prie, de cet article de ma lettre, qu’il est enfin tems de finir. .Le bien que tu nous dis de M me . & M r . Quenion 2 nous inspire un vif desir de les connaître ; mais il parait qu’ils ne resteront pas assez de tems à Paris pour que nous puis- sions nous flatter de les y trouver, et c’est un regrèt de plus à ajouter à ceux que l’absence nous fait éprouver. Reçois, mon cher ami, nos félicitations sur le nouvel espoir de succès que le résultat de tes dernieres tentatives semble te garantir, ainsi que les vœux que nous formons pour qu’il puisse en se réalisant, t’offrir la plus douce récompense de tes peines, je veux dire l’ineffable satisfaction d’avoir fait une découverte aussi belle, aussi // extraor- dinaire qu’elle serait infailliblement utile. .J’ai répété avec un tuyau coudé de 6 lignes de diamètre intérieur, l’expérience sur l’in- flammation de l’huile de p. dont je t’avais parlé, et elle a parfaitement réussi. Je l’ai faite dans la chambre de Langrois et dans une attitude respectueuse, c’est à dire à genou, parceque le plafon n’est pas fort élevé. J’avais seulement mis assez d’huile pour intercepter le passage de l’air. La flamme vive et très blanche, a formé en detonnant un cône dont la base touchait au plancher, et cette base était très large. Le volume de la flamme eût été bien plus considérable encore si elle n’avait point rencontré d’obstacle. Cette nouvelle expérience m’a fait je te l’avoue, mon cher ami, le plus grand plaisir, par ceque je crois comme toi, que ce procédé que nous avons inventé est réellement la véritable solution du problème qu’il était si important 1. Nicéphore évoquait peut-être la présentation des gardes du corps à M. de Noailles. On lira dans La Quotidienne du 31 mars 1817 : « Nouvelles de la cour, du 30 mars : M. de Noailles, duc de Mouchy, comman- dera les deux compagnies de gardes-du-corps, dont le service commencera le 1 er avril ». 2. George Kenyon, le fils de Lord Kenyon ? Par la suite, Nicéphore évoquera ces mêmes personnes sous le nom de Kenyon ou Keynion. 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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