Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 521 pour nous de résoudre. Notre pyréolophore conservera ainsi un des avantages marqués qui le distinguent des machines à vapeur, et auquel il eût été bien fâcheux pour nous de renon- cer. Cette même huile de p. du commerce que je ne pouvais enflammer qu’avec la plus grande peine, dans un tuyau de fer rougi, s’enflamme parfaitement et d’une maniere sûre d’après le nouveau procédé. L’asphalte a, comme je l’ai observé depuis, à peu près tous les inconvéniens de la résine, et répand de plus en brûlant, une odeur si desagréable qu’elle lui a valu le nom de stercus diaboli 1 ; cequi ne serait pas fort attrayant pour les voyageurs. .Je suis à la recherche et je crois être sur la trace d’un moyen de graver d’après le procédé dont je me suis occupé l’année derniere 2 . Je m’occupe de nouvelles tentatives sur cet objet, et si j’ai le bonheur d’obtenir un bon résultat, je m’empresserai, mon cher ami de t’en faire part. Quelqu’un nous a fait proposer d’acheter notre petit effet de S t . Martin des Champs 3 . Mande- nous, je te prie, quelles sont tes intentions à cet égard. Je crois qu’il ne serait pas mal fait de faire assurer et reconnaitre notre créance par la chere cousine 4 ; autrement nous risquerions d’être evincés : tu pourrais charger un homme de loi de cette opération bien importante pour nous. Adieu, mon cher ami : reçois avec mille tendres embrassemens de // [E.m. p. 4] notre part, l’assurance de notre bien inaltérable attachement. Ne nous oublie pas si tu le veux bien, auprès d’Antoine et Victor. Mille choses honnêtes de la part de toutes les personnes de ta connaissance. .Tous nos gens d’ici et de la ville nous prient de te présenter leurs respects. .Pyrame, Ténor, les vaches &c. &c. se portent comme à l’ordinaire, c’est à dire, à mer- veille./. ://: J.N.Niépce 1. Excrément du diable. Nicéphore fait ici une confusion. Les ouvrages encyclopédiques de l’époque sont unanimes : le nom de stercus diaboli est attribué non à l’asphalte mais à l’assa fœtida, une gomme-résine de teinte rougeâtre à l’odeur alliacée très fétide, d’une saveur âcre et amère, extraite de plusieurs ombel- lifères. 2. Il faut effectivement remonter au 2 juillet 1816 pour trouver quelques détails quant aux recherches photo- graphiques de Nicéphore, lequel se disait alors prêt à « épuiser toutes les combinaisons » (v. 256). Nicéphore tentait de graver des métaux ou de la pierre au moyen d’acides qu’il espérait décomposer par la lumière, ce qui fut un échec. Nous verrons dans les lettres suivantes qu’il fait allusion ici à des recherches pour graver la pierre calcaire au moyen du phosphore. Il est intéressant d’observer : une phrase concernant l’asphalte suivie d’une autre relative à la gravure des métaux à l’acide c’est-à-dire à l’eau-forte. Nicéphore manie ici sans le savoir certains des constituants de base de sa future invention. 3. Le « petit domaine » hérité de Bernard (v. 212). 4. V. 269n. 293 1815 1824 1 58 4 Musée Nicéphore Niépce.
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