Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 523 .Nous avons également reçu avant hier soir, une lettre d’Isidore 1 où en nous annon- çant son état de détrèsse sous le rapport des finances, il nous dit que tu te trouves à peu près dans la même position que lui à cet égard ; cequi nous a déterminés à nous rendre de suite ici, mon cher ami, pour te faire passer ainsi qu’à ton cher neveu quelques secours pro- visoires, en attendant que nous ayions pris des mesures qui nous tirent de la gêne où comme tant d’autres, nous nous trouvons par suite des circonstances 2 . .En conséquence, mon cher ami, nous t’adressons par la diligence de demain samedi, et franc de port, un groupe* contenant 350 francs pour toi et pareille ( une ) somme ( de 200 f ) pour Isidore ; lequel groupe bien cousu et bien cacheté. Tu auras la bonté de nous en accuser la réception aussitôt qu’il te sera parvenu. Cette somme est peu considé- rable, mais nous ne pourrions dans ce moment, la rendre plus forte sans nous mettre hors d’état de faire face aux dépenses les plus urgentes. .Nous sommes fâchés qu’Isidore ne nous ait pas dit nettement dans son avant-der- niere lettre 3 , qu’il manquait d’argent : nous n’aurions certainement pas souffert qu’il se fût trouvé ainsi au dépourvu ; mais il nous avertit toujours trop tard ; il nous écrit d’ailleurs fort rarement et toujours très-laconiquement ; cequi nous ferait la plus grande peine si nous pouvions supposer qu’il y a quelque oubli de sa part : mais nous rendons trop de jus- tice à se tendres sentimens pour nous, mon cher ami, pour nous arrêter à une pareille sup- position. Nous aimons à croire // aussi, qu’il met de l’ordre et de l’économie dans ses dépenses les tems sont si durs que nous devons appuyer là dessus plus fortement que jamais ; et nous réclamons avec instance, l’appui de tes sages conseils tant sur cet objet que sur tout cequi intéresse celui auquel tu veux bien témoigner tant d’affection, et dont le bon- heur t’est aussi cher qu’à nous mêmes. Si la présentation de notre machine n’a pas lieu à la fin du mois, Isidore ne pourra pas pas paraître en uniforme ; mais il observe qu’il sera toujours forcé d’en faire faire un, parcequ’il ne peut se présenter qu’en grande tenue chez M r . le Duc d’Havré : il faut convenir que ce sera une visite bien chère, et qu’il serait fâcheux d’en passer par là. Dans une de ses avant dernieres lettres, ton cher neveu nous témoignait le desir de venir ici après qu’il aurait quitté le service, et dans sa derniere il semble qu’il resterait volontiers à Paris. Nous présumons que tu serais peut-être bien aise, mon cher ami, de le retenir auprès de toi ; mais soit dit entre nous, ne pouvant attribuer qu’à cette cause le changement de disposition d’Isidore, dans un espace de tems aussi court, ( il ) nous importe assez de savoir si c’est là le véritable motif. Tu voudras donc bien avoir la com- plaisance de nous en instruire. Il n’y a pas lieu de douter d’après cequ’il nous dit, qu’il ne soit fort emprèssé de rester auprès de toi ; mais ça te conviendrait- il ?... .Nous avons reçu la bouriche contenant les graines et les patates d’Amérique. Ces der- nières étaient pourries en grande partie, et se sont trouvées réduites par là à si peu de chose, que nous les avons fait mettre de suite dans la couche*, et que nous n’en avons point envoyé à Ternant au quel je viens d’écrire à ce sujet en lui adressant quelques pommes de terre hâtives* et sa livre de chandelles économiques. Il me prie de te rapeller les rensei- gnemens à prendre sur la composition de ces chandelles. Reçois, mon cher ami, nos empressés remercimens de ce nouvel envoi, et l’expression de nos regrets à l’occasion de 1. Inconnue. 2. Saint-Loup était en proie à une misère qui « augmentait chaque jour d’une manière vraiment inquiétante » (v. 293). 3. Sans doute celle du 3 mars. 294 1815 1824 1 8
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