Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 525 296 Lettre 1 (Coll. J.N.). Inédit 2 Chalon-sur-Saône, le 22 mars 1817. Nicéphore au sous-préfet Chatelain de Belleroche. .Châlon sur Saône, le 22 mars 1817. .Monsieur, .J’ai l’honneur de vous faire passer ci-incluse, notre requête à Son Excellence le Ministre de l’Intérieur 3 , avec priere de la transmettre le plus tôt possible à Monsieur le Préfet. Le brevet dont nous sollicitons la prolongation pour cinq ans, nous fut délivré le 3 avril 1807 4 : il expire le 3 avril prochain ; ainsi nous n’avons pas de tems à perdre 5 . .Quoique vos instans soient infiniment précieux, j’ose espérer que vous voudrez bien, Monsieur, me permettre ( d’entrer ) dans quelques détails sur la nature de notre découverte ; et de vous adresser relativemt. à la démarche qui nous concerne, des observations que vous ne regarderez point sans doute comme superflues, puisqu’elles tendent à en garantir le succès. .Notre machine, connue sous le nom de pyréolophore, est une nouvelle force motrice qui à raison de l’energie de ses effets, et du peu de consommation qu’elle exige pour les pro- duire, a mérité d’être accueillie favorablement par la premiere classe de l’Institut 6 . Son principe est dans l’action soudaine de la flamme sur l’air, et dans la violente raréfaction de ce fluide. Mais il fallait soumettre cet agent indocile à des mouvemens réguliers ; et c’est dans la combinaison des moyens employés pour y parvenir, que consiste le mécanisme de la machine. Nous l’avons appliquée à un petit vaisseau qui, sans // rames ni roues exté- rieures, remontait le courant de la Saône par l’effet direct du refoulement et de la réaction de l’eau. Il eut été avantageux pour nous, de pouvoir réunir dans le même brevet, le prin- cipe et son application ; mais la loi s’y opposait formellement : de sorte qu ( e ) il nous nous trouvâmes réduits à l’alternative de prendre une nouvelle patente ou de nous borner à de simples perfectionnemens. .Dans l’intervalle de 1807 à 1809, le gouvernement ayant ouvert un concours pour la construction d’une machine hydraulique qui devait remplacer celle de Marly, nous nous occupâmes de cet objet assez important d’utilité publique. Nous fîmes exécuter un modèle de pompe fort simple, susceptible d’élever les eaux à une grande hauteur, avec beaucoup moins de perte à proportion que dans les autres machines de ce genre. Quelques personnes de notre connaissance ont même été à même de la voir fonctionner, et nous ne devons pas craindre de dire qu’elle fixa l’attention bienveillante d’un commissaire rapporteur de l’Institut 7 , à qui nous en communicâmes la description 8 . Peu de tems après, il fut question d’extraire l’indigo du pastel. Nous devions naturellement être jaloux de participer à des recherches dont le résultat paraissait lié à la prospérité du commerce et des arts industriels. Celles que nous fîmes furent longues, mais elles ne furent point infructueuses sous le rap- port qui nous intéressait le plus ; car des echantillons de cette matiere // colorante que l’on 1. Copie conservée par Nicéphore. Il remit lui-même l’original au sous-préfet, le lundi 24 mars (v. 298). 2. Répertoriée in P.G.H.2. p. 177. 3. V. 297. 4. V. 198. 5. De fait, les choses iront très vite, puisque le préfet de Saône-et-Loire s’adressera au ministre le 28 mars. 6. V. 192. 7. Son nom n’est pas par hasard passé sous silence. Lazare Carnot était alors exilé. 8. V. 237, 219. 296 1815 1824 1 8
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