Niépce correspondance et papiers
298 Lettre (M.N.N.) 1 Chalon-sur-Saône, 26 et 27 mars 1817. Nicéphore à Claude. .Châlon s. S. le 26 mars 1817. .Mon cher ami, .J’espère que tu auras reçu ma derniere lettre du 21 ainsi que l’envoi qu’elle t’annon- çait d’un groupe de 550 francs, dont 200 f. pour Isidore. Je te mandais en même tems, que je me proposais de voir M r . de Belleroche au sujet de la prolongation de notre brevet. Je m’y suis fait présenter par mon cousin S t . Victor 2 , le jour même, et j’en ai été parfaitement accueilli. Il m’a dit qu’il fallait adresser à cet effet, une requête au ministre de l’Intérieur, à laquelle je joindrais une lettre pour lui (M r . de Belleroche) et qu’il ferait passer le tout à M r . le Préfet qui après avoir apostillé la requête, la transmettrait directement au ministère. J’ai rédigé de suite cette requête en notre nom avec demande d’une prolongation de notre brevet pour cinq ans, attendu que bien avant cet espace de tems, nous serons dans le cas, il faut l’espérer, de demander un brevet d’application. Je n’ai pas voulu, de peur de donner trop d’étendue à cette pièce qu’il valait mieux faire très courte, entrer dans le détail des motifs qui nous ont empêchés d’exploiter notre découverte en tems utile ; mais je les ai déve- lopés dans ma lettre à M r . le sous Préfet, sans rien omettre de cequi peut tendre a notre jus- tification, et je l’ai prié d’engager M r . le Préfet à joindre ma lettre ou copie de ma lettre à la dite requête, afin de prévenir par là les difficultés que notre silence sur ces détails, n’aurait pas manqué de faire naître. C’est lundi passé que j’ai remis moi même la requête et la lettre à M r . de Belleroche avec lequel je me suis entretenu fort longtems, et qui m’a bien // promis de les expédier à Macon, le surlendemain, c’est-à-dire hier. Il m’a pareillement assuré qu’il s’empresserait de me transmettre les réponses qui lui seraient faites sur cet objet. J’ai pro- fité de la circonstance pour l’instruire confidenciellement du principal motif qui, sous le précédent gouvernement, nous avait empêchés de tirer parti de notre machine. Je lui ai dit que nous avions en main des preuves de la vérité du fait ; mais que nous ne voulions pas les faire valoir, parcequ’il faudrait pour cela, recourir à la voie odieuse de la dénonciation 3 . Comme on ne peut pas réunir plusieurs objets dans la même demande, je n’ai pu y com- prendre le perfectionnement dont nous desirons nous garantir la propriété : ceci fera l’objet d’une demande à part, si nous le jugeons nécessaire ; mais il fallait avant tout, nous occu- per de l’objet principal. Quant à la prescription encourue pour avoir trop tardé de faire les démarches exigées en pareil cas, M r . de Belleroche m’a dit que nous devions être tranquilles làdessus ; attendu que l’on ne compte pas du jour où les pièces ( j’ai eu soin de garder copie des dites pièces 4 ) dont il s’agit arrivent à leur destination derniere ; mais bien de celui où elles ont été déposées à la sous-préfecture par les requérans. .Je te mandais également dans ma derniere lettre, mon cher ami, que j’allais m’occu- per de l’emprunt dont tu pressentais la nécessité, et dont en effet, nous ne pouvions abso- lument nous dispenser, puisque notre pauvre caisse était à sec. Je me suis déterminé à m’adresser de préférence à un notaire ; et comme nous avons eu affaire à M r . Lenud père 1. Publ. in P.G.H.1. (p. 145). Fouque n’en avait cité que quelques lignes (V.F. p. 85). 2. Lequel intervint en qualité de maire de Saint-Cyr. 3. N’ayant pu trouver trace de ce « motif », il nous est impossible de dire s’il était imaginaire ou réel. A titre d’hypothèse de travail, la question Périer reste posée (v. 188n, 192n, 253n). 4. Ce sont celles que nous avons reproduites. 528 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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