Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 529 qui a la réputation d’être un honnête homme, et que j’avais été dans le cas d’obliger ; je me suis présenté à lui. Le surlendemain, les espèces montant à la somme de 2520 francs, nous ont été comptées, compris les intérèts a cinq pour cent pr. cent pour un an, époque du rem- boursement, sauf la prolongation que nous obtiendrons je crois aisément, en cas de besoin. J’espère, mon cher ami, que tu apprendras avec plaisir, le résultat de ces deux demarches également importantes pour nous, et qui je te l’avoue, ne laissaient pas de me donner bien du souci 1 ... M r . Alexandre Harvier entre dans ce moment, et nous en avons pour tout le reste de la soirée ; cequi me fait d’autant plus de peine que le // départ de ma lettre sera retardé de deux jours. .Du 27 mars 1817. .A propos de M r . Alexandre, il me prie de te dire, mon cher ami, les choses les plus honnêtes de sa part, et de vouloir bien le rapeller au souvenir d’Isidore. Quel a été le sort de sa pétition 2 ? A-t-elle été favorablement accueillie, et peut-il conserver encore l’espoir d’être placé ? Voici des questions qu’il tarde beaucoup à M r . Harvier de voir résoudre ; et il ose toujours compter sur l’appui de ta recommandation, si l’entreprise de ces Messieurs doit enfin s’organiser. Nous présumons, d’après ceque tu nous as mandé, que tu seras retourné à Bercy, pour avoir une réponse cathégorique à notre ultimatum. Il est bien tems en effet que nous nous tirions de là ; car il y a au moins 10 mois que l’on nous tient le bec dans l’eau. Nous sommes en droit de crier bien fort, quoique entre nous soit dit, nous ayons plus gagné que perdu à attendre. Tes deux belles applications, mon cher ami, ne doi- vent pas te faire regrèter le tems et la peine qu’elles ont dû te coûter. Ce ne sont pas de simples améliorations, mais de précieuses découvertes qui, comme je l’ai dit, ne peuvent que te faire beaucoup d’honneur, et qui sont aussi la plus douce récompense de ton zèle non moins actif qu’efficace pour le succès de nos travaux. J’avais pensé ainsi que toi, au sujet de l’inflammation de l’huile de p. que s’il s’agissait de produire de grands volumes de flamme, il y aurait plus d’avantage, tant sous le rapport de la consommation que sous celui de l’effet produit, a lancer le combustible par 4 tuyaux de six lignes* 3 de diamètre, par exemple, que par un seul tuyau d’un pouce*, et je suis même persuadé, mon cher ami, que l’avantage qu’on en retirerait serait bien plus considérable qu’on n’a lieu de le présumer. Ces tuyaux pourraient se toucher par leur base, et diverger ensuite autant qu’on le jugerait nécessaire d’après l’expérience, pour que l’inflammation se fit simultanément. Quant à l’inconvénient dont tu parles et que l’on aurait lieu de craindre si l’huile de p. ne s’enfla- mait pas entierement, j’ai cru remarquer qu’il ne peut guère arriver, lorsque l’injection s’opère // verticalement, qu’autant que l’huile est lancée avec trop de force, c’est à dire de maniere à atteindre la partie supérieure du réservoir de même que ses parties latérales s’il se trouvait plus étroit que le diamètre de la flamme. Hors ce cas-là ; cette substance est tel- lement inflammable qu’il me parait bien difficile qu’elle puisse echapper partiellement à l’ignition. Mais je crois que cet inconvénient serait beaucoup plus grâve, si l’injection se faisait horizontalement. Au reste, il est bon de tout prévoir, et cette sage observation de ta part, mérite d’être mise à profit. Je suis aussi curieux qu’impatient de connaître, mon cher 1. Souci qui désormais ne quittera plus Nicéphore ; au point qu’à partir de cette époque, ses lettres refléteront de plus en plus rarement l’humeur enjouée qu’on lui connaît. 2. V. 279. 3. Soit environ 1,35 cm. 298 1815 1824 1 8
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