Niépce correspondance et papiers
540 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS agent chimique peut offrir de combinaisons utiles pour la solution du problême qu’il s’agit de résoudre 1 . La seule difficulté qui m’embarrasse maintenant, c’est d’étendre le phosphore comme un vernis sur la pierre. Il faut qu’il soit en couche très-mince, autrement la lumiere ne le pénétrerait pas à fond, et le phosphore n’étant pas oxidé dans toute son epaisseur, on man- querait ainsi le but qu’on se propose d’atteindre 2 . Cette substance est attaquée par l’alcool et surtout par les huiles ; mais ces dissolvans lui enlevent les propriétés qu’il importe le plus de lui conserver, ainsi que l’expérience me l’a démontré. Je suis parvenu à l’étendre sur la pierre a l’aide du calorique, dans mon appareil qui est une espèce de soufflet rempli de gaz nitreux 3 , dont l’ame* inférieure reçoit la pierre en question, et qui porte à son ame inférieure supérieure un petit mécanisme pour répandre également le phosphore, ainsi qu’un verre pour eclairer l’intérieur ; mais cet appareil ne fermait point assez exactement pour empêcher l’air ambiant d’y pénétrer, et le phosphore s’enflammait avant que l’opération fût terminée. Avant Pour arri- ver à une demonstration complette, il faut donc que je tâche d’abord de rémedier à cet incon- vénient majeur, et j’espère y parvenir d’une maniere ou de l’autre : je m’empresserai de te faire connaître, mon cher ami, le résultat de mes recherches ultérieures à cet egard. // .Nous sommes très satisfaits ma femme et moi du bon témoignage que tu veux bien nous rendre d’Antoine et de Victor ; fais-leur en je te prie, notre compliment bien sincère, et reçois nos empressés remercimens pour le nouveau gage que tu viens ( de ) leur accorder de ta géné- reuse et constante sollicitude à leur egard. Adieu, mon cher ami : le tems me presse : je finis en t’embrassant pour ma femme et moi, aussi tendrement que nous t’aimons. Embrasse bien pour nous, je te prie, notre cher Isidore. ://: J.N. Niépce .P.S. Toutes les personnes que tu connais nous chargent de te dire les choses les plus amicales de leur part. Ne nous oublie pas, si tu le veux bien, auprès de Mr. de La Chabeaussiere ainsi que M r . et M me . Kenyon qui ont la bonté de penser à nous. La pauvre Jeanneton 4 est bien malade : j’ai peur qu’elle ne s’en tire pas cette fois comme les autres. Tous nos gens te présentent leurs respects./. Les chiens ainsi que tes vaches se portent on ne peut pas mieux./. A Monsieur, Monsieur Niépce aîné, chez M r . Barrat, A ancien hôtel de Boulogne, rue du Bacq, n°. 42. faubourg S t . Germain à Paris, .à Paris. 1. Nicéphoremontre ici qu’il n’est pas seulement intéressé par le changement de couleur du phosphore à la lumière mais aussi par tous les changements de propriétés qui l’accompagnent: propriétés d’acidité différentes entre le phosphore blanc et le rouge, variation de solubilité de ces deux formes dans le disulfure de carbone. 2. Nous voyons apparaître ici un nouveau concept dans l’esprit de Nicéphore : celui du vernis qui est bien vu comme une couche continue de matière étendue sur un support. Niépce a d’ores et déjà compris que dans le cas d’un vernis il faut que toute l’épaisseur de la couche soit transformée car la transformation a lieu d’abord en surface puis progressivement dans la profondeur jusqu’au support. Il faut pour cela que le vernis soit mince. On retrouvera ce principe tout au long de l’invention future avec le bitume. 3. Azote N 2 . Bœckmann dès 1800 avait observé, lors de l’exposition à la lumière solaire, les changements de couleur du phosphore placé sous atmosphère d’azote ou d’autres gaz (BŒ). Ces expériences seront reprises par Vogel en 1813 (AN.CH. t. 84 p. 225). 4. C’est ici la seule mention de Jeanneton ; nous ignorons qui elle était. 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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