Niépce correspondance et papiers
546 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 307 Lettre (M.N.N.) 1 Saint-Loup-de-Varennes, 12 mai 1817. Nicéphore à Claude. .S t . Loup le 12 mai 1817. .Mon cher ami, .Nous avons reçu hier soir fort tard, ta lettre du 9 2 à laquelle je me hâte de répondre, et que nous attendions avec la plus vive impatience sous tous les rapports, surtout pour connaître le résultat définitif des démarches de M r . de Sassenay auprès du ministre de l’Intérieur. Nous avons donc lieu d’être aussi peinés que surpris de son silence à ton égard, d’après les offres obligeantes de service qu’il t’avait faites, et sur lesquelles tu devais natu- rellement compter 3 : au reste, il y a tant de choses singulieres dans ce monde, qu’on ne doit plus s’étonner de rien. Quant à nous, je ne crois pas que nous ayions rien fait qui ait pu indisposer cette famille contre la nôtre ; nous avons au contraire, toujours saisi avec le plus vif empressement, l’occasion de lui témoigner par nos prévenances, le desir que nous avions de l’obliger ; mais tu auras pu t’en assurer, mon cher ami, par l’accueil que tu as reçu de M r . et M me . de Sassenay, lorsque tu es allé les voir avec ton cher neveu. Il n’est d’ailleurs guère probable que M r . de Sassenay t’eût offert ses services, s’il n’avait pas eu l’intention de nous être utile ; ainsi nous devons suspendre encore notre jugement, et peut être même t’aura-t-il déja fait part des motifs qui l’ont empêché de te répondre plus tôt sur l’objet qui nous concerne. En attendant, voici ceque je puis t’annoncer de positif et d’officiel à cet égard. Nous avons reçu ces jours derniers, de M r . le Préfet, une lettre du 2 du courant 4 , à laquelle était jointe copie de la réponse en date du 22 avril, que lui a faite Son Excellence le ministre de l’Intérieur, relativement à notre demande en prolongation 5 . La lettre de M r . le Marquis de Vaulchier, n’étant qu’une simple lettre d’envoi, n’offre rien d’important ; ainsi, mon cher ami, je me bornerai à te donner en peu de mots, la substance de la réponse du ministre./. Son Excellence, tout en partageant l’intérèt que M r . le Préfet veut bien prendre à nos travaux, regrette de ne pouvoir accueillir notre demande, attendu que ce n’est que dans des cas très rares et pour des découvertes d’une haute importance, que le gouvernement accorde une pareille faveur ; et que la loi, en déterminant ( la durée ) des bre- vets d’inventions, a voulu qu’à leur expiration, la société pût jouir librement des avantages que les titulaires en ont pu retirer. Toutes fois, ajoute le ministre, cette // même loi nous fournit un moyen d’obtenir une faveur presque équivalente à celle que nous sollicitons ; et si nous avons fait à notre machine des améliorations du genre de celles qui sont exigées, l’article 7 du titre 2 de la loi du 25 mai 1791, nous accorde la faculté de les réunir et de les comprendre dans un brevet de perfectionnement dont l’effet sera le même que notre bre- vet d’invention : nous devrons seulement remplir une seconde fois, les formalités pres- crites. Son Excellence finit en priant M r . le Préfet de ne point nous laisser ignorer qu’elle 1. Publ. in P.G.H.1. (p. 156). Fouque n’en avait reproduit que quelques lignes, les attribuant par erreur à la lettre du 30 mai (V.F. p. 92). 2. Inconnue. 3. Le marquis avait-il formellement offert ses services ? Cette question est à rapprocher de celles que nous avons été amenés à poser plusieurs fois, notamment au sujet de Jouffroy. Nos doutes portent moins sur la fiabilité des intentions de Monsieur de Sassenay que sur celle des assertions enthousiastes dont Claude abreuvait régulièrement Nicéphore. 4. V. 305. 5. V. 303. 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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