Niépce correspondance et papiers
550 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS ta décision. Nous comptons aller à la ville dans quelques jours ; je profiterai de cette cir- constance pour voir M r . de Varenne et le pressentir sur ses dispositions et je m’empresserai de te faire part du résultat de mon entrevue. Tu as très bien fait de penser au petit bateau de M.M. de Jouffroy : si la société 1 voulait nous le céder à bon compte, ce serait une acquisition qui nous conviendrait parfaitement et qu’il ne faudrait pas laisser échapper. M r . de Morteuil est venu nous voir ; il nous a beaucoup parlé de toi, mon cher ami ; // il parait nous être fort attaché ; il est enthousiasmé de notre machine, et d’après sa maniere de voir, il sera bien sûre- ment enchanté d’apprendre que tu es parvenu à éconduire ces Messieurs 2 . Que le ciel les bénisse et nous préserve d’avoir jamais affaire à eux!.. Nous te faisons passer par la diligence de demain, et franc de port, un groupe* de 600 francs, dont 350 pour toi, et 250 francs dans deux rouleaux, pour ton cher neveu. Ce groupe, qui est dûement conditionné, te parviendra, je l’espère, en bon état, et nous te prions, mon cher ami, de vouloir bien nous en accuser réception. A l’égard du nouveau moyen de te faire toucher des fonds par un banquier, je pren- drai la dessus des informations auprès de M r . de Varenne. Tu trouveras ci incluse une lettre de remerciement de M r . le Curé de S t . Loup 3 . Nous avons cru, mon cher ami, interpréter fidè- lement tes bonnes disposi ( inten ) tions pour les pauvres de la commune, en mettant à leur dis- position, la quantité de 12 mesures de froment et 4 de turquis, et cela avec d’autant moins de crainte que nous voulons entrer pour moitié dans cette dépense, et que nous avons suivi l’exemple donné par les autres forains* 4 . ( Le froment est aujourd’hui à 15 f. 10 s. la mesure et le pain bis ou plutôt noir à 9 sous la livre !.. ) Tu ne peux pas douter, mon cher ami, du plaisir que nous aurions à te voir ici ; mais tu dois t’estimer heureux d’en être // absent, et s’il nous était possible d’aller te rejoindre, nous n’hésiterions certainement point à le faire, tant le spectacle de la misère publique est affligeant ! Il y a dans ce pauvre S t . Loup 60 familles réduites à la mendicité. Plusieurs de tes fermiers sont dans cette triste position : il a bien fallu leur tendre des secours, et nous avons cru devoir agir comme tu aurais fait toi-même si tu t’étais trouvé ici. Mais je ne veux pas t’affecter d’avantage mon cher ami, en entrant là des- sus dans de plus grands détails. Prenons courage : le tems des moissons n’est pas fort éloigné, Dieu merci, et une bonne récolte nous tirera tous de cet état de détresse où nous sommes plongés./. Nous avons reçu hier soir, fort à propos de M r . Pélissot, la somme de 700 francs à compte de cequi nous est dû par les héritiers de M r . Niépce de Tournus. Nous en étions aux expédiens, cequi nous avait décidés à faire pour un nouvel emprunt que nous ne pouvons toujours pas éviter, des démarches dont j’ignore encore le résultat ; mais que je m’empresse- rai de te communiquer lorsque je le saurai. .Roch desirerait avoir les prés de Duparet pour pouvoir entretenir son bétail qui s’est accru. Il te prie, mon cher ami, de lui accorder cette faveur qu’il attend avec impatience, // parceque la récolte des foins aura bientôt lieu. Réponds-moi je te prie à ce sujet dans ta pro- chaine lettre 5 . Depuis ma derniere, le tems qui a presque toujours été nébuleux, ne m’a pas permis de varier beaucoup les expériences dont je m’occupes et aux quelles tu veux bien 1. Celle de Jouffroy. 2. Rappelons que dès août 1816, Monsieur de Morteuil incitait les Niépce à prendre toutes les précautions nécessaires (v. 261) et que, comme Messieurs de Varenne, Chardonnet, « sans parler de plusieurs autres », Madame de Morteuil n’avait pas « une idée fort avantageuse » des Jouffroy (v. 288). 3. Lettre inconnue. 4. Les frères Niépce eux-mêmes, ayant leur « domicile politique » à Chalon, se considéraient à juste titre comme forains à Saint-Loup. 5. Ceci souligné parce que Nicéphore avait déjà adressé la même demande à Claude en janvier (v. 287). 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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