Niépce correspondance et papiers
N IEPCE 553 la partie ; et si M r . de Varenne se joint à nous, je pense sauf ton avis, que nous serons assez nombreux. Je m’empresserai, mon cher ami, de te donner ( connaissance ) des communica- tions qui doivent m’être adressées à ce sujet, par Curley et son frère ainsi que tu as la bonté de m’en prévenir. Quant à M r . de Varenne, nous n’avons pas encore eu l’honneur de le voir. Je lui avais écrit au sujet de M.M. de J. que nos cadenes* étaient rompudes grace à tes soins ; et en me témoignant sa vive satisfaction de cette heureuse nouvelle dont il nous félicite sincère- ment, il m’a répondu qu’il regrettait beaucoup que ses affaires ne lui permissent pas de venir nous voir. Nous n’avons pas été à la ville depuis ma derniere lettre : pour peu que nous diffé- rions d’y aller, j’aurai bien sûrement l’honneur d’écrire à M r de Varenne pour pressentir ses intentions et provoquer sa détermination relativement à l’association projettée, et j’espère, mon cher ami, pouvoir te transmettre sa réponse en même tems que celle de nos cousins. Aussitot que nous saurons à quoi peut s’élever le montant des actions, il conviendra je pense, si tu le juges à propos, de faire un traité provisoire dans le genre de celui que nous avons passé avec M.M. de J. 1 ; mais rédigé d’une maniere un peu plus conforme à nos intérèts. Il faudrait peut être, pour ménager notre délicatèsse, qu’une main étrangère se chargeât de la rédaction de cette pièce d’après les bases que tu voudras bien fixer toi-même ; et dans cette circonstance, ton choix, mon cher ami, ne saurait mieux tomber que sur M r . de La Chabeaussiere. Je te prie de lui dire les choses les plus honnêtes de notre part, et de lui exprimer toute celle que nous prenons au désagrément qu’il vient d’éprouver. C’est encore là un de ces hommes qu’il nous faudrait avoir un jour, et que nous serions heureux de pouvoir obliger. // N’ayant pu trouver cette fois, à emprunter auprès de M r . Lenud père 2 , nous nous étions adressés pour cet objet, au charmant garçon 3 à qui j’avais écrit que nous ne voulions traiter qu’à des conditions avantageuses tant pour les intérèts que pour le remboursement du capi- tal ; en lui recommandant surtout de ne point s’adresser à des négocians ou banquiers. Comme les propositions qui lui furent faites ne purent nous convenir d’aucune maniere, je répondis au charmant garçon de rengainer bien vîte son compliment. Nous attendrons donc encore, mon cher ami ; car on ne prend un tel parti qu’à la dernière extrémité. Je desire sans cependant trop l’espérer, que l’époque peu éloignée de la S t . Jean, nous mette dans le cas de renoncer à ce triste expédient. Je vais faire part à Rhoc de l’article de ta lettre, qui le concerne. Cette nouvelle marque de bienveillance que tu lui accordes, lui fera grand plaisir et je t’en remercie d’avance en son nom 4 . Nous avons eu un mois de mai détestable : toutes les pro- ductions de la terre souffraient et augmentaient encore les inquiétudes du moment ; mais depuis 8 jours le tems est magnifique, et heureusement tout a bien changé de face. La florai- son des seigles s’est bien passée ; celle des bleds ne pouvait pas commencer et se faire plus à propos. Les turquis, les fèves, les pommes de terre, les prés ont la plus belle apparence, et pour comble de bonheur, la Saône qui était dernierement à pleins bords, a sauvé en se retirant les foins et les blés de riviere qui furent perdus l’an passé. La vigne est en retard, mais depuis quelques jours, il se fait à cequ’on dit beaucoup de raisins. Remercions la providence : une perspective aussi consolante est bien propre à inspirer de la confiance et à faire supporter avec courage la rigueur des besoins qu’on éprouve ici comme ailleurs. J’oubliais de te dire que 1. Ceci risque d’introduire une confusion. Le document exista effectivement (v. 255), mais n’ayant jamais été signé (v. 258, 260, 282), ce « traité » resta lettre morte. 2. Allusion à l’emprunt de mars 1817 (v. 298). 3. V. 247n. 4. Comprendre que Claude avait enfin accepté de lui confier les prés qui jusqu’alors étaient exploités par Duparet (v. 308). 310 1815 1824 1 8
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